Algérie : vers une liste de produits interdits à l'importation ?

Publié le 09.09.2016, 16h55 par La Rédaction | 341 vues | 0 Commentaires

Algérie : vers une liste de produits interdits à l'importation ? Algérie : une liste de produits interdits à l'importation pour préserver les réserves de change ?

Alger réfléchirait à la mise en place d'une liste noire de 2000 produits interdits à l'importation afin de préserver ses réserves de change largement impactées par la chute des cours du pétrole. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, souhaite dès lors stabiliser le seuil de devises étrangères à 116 milliards de dollars d'ici la fin 2016 (contre 180 en 2014).

En effet, le déclin du marché de l'or noir a entrainé un déséquilibre très important de la balance commerciale algérienne et de ses stocks de devises, comme le souligne l'économiste Régis Galland spécialiste de la Société Générale :

"Les réserves de change ont baissé de 30% en deux ans, ce qui est dû à la baisse des prix du pétrole", explique-t-il, alors que les exportations d’hydrocarbures représentent pas moins de 98% des exportations totales du pays.

L’État pourrait donc procéder à des mesures drastiques en gelant l'achat à l'étranger de nombreux produits. Cette black list concernerait ainsi un éventail allant de 1700 à 2000 marchandises encore inconnues, souligne El Watan.

Les autorités se donnent toutefois le temps de la réflexion en réalisant au préalable une étude d'impact afin de déterminer la réelle efficience d'un tel projet.

Choisir les bons produits

Quoi qu'il en soit, cette perspective trouve écho auprès de certains entrepreneurs locaux, eux aussi très inquiets, à l'image de ce patron de PME franco-algérienne qui témoigne sous couvert d'anonymat pour BFM :

"Ce qui nuirait réellement à l'Algérie c'est qu'elle continue d'acheter des produits dont elle n'a pas besoin et finisse par se retrouver en cessation de paiement. Personne, y compris les entreprises françaises, n'auraient alors à y gagner", martèle-t-il.

Avant de poursuivre : "L’État ne peut plus importer ce qu'il importait autrefois. S'il ne veut pas se mettre sous la coupe du FMI il semble indispensable de limiter les importations pour sauvegarder le minimum de l'économie algérienne en état de fonctionner."

Et de conclure, véhément : "Malgré tout, il ne faut pas que le remède tue le cheval. J'aimerais ainsi avoir les détails de cette liste. S'il s'agit de produits qui sont nécessaires à l'appareil productif, comme les pièces détachées, c'est une mauvaise idée. En revanche il y a tout un ensemble de marchandises non nécessaires ou qui sont déjà produites en Algérie qui sont importées (fruits, légumes, produits cosmétiques). Là-dessus on peut prendre le taureau par les cornes et instaurer un moratoire temporaire le temps que les cours du pétrole remontent."

Pour rappel, une réunion informelle entre l'Opep et des pays non-membres du cartel des exportateurs doit se tenir en marge du Forum international sur l’Énergie du 26 au 28 septembre d'Alger. L'occasion pour Moscou et Riyad de tenter de stabiliser un marché pétrolier en pleine déliquescence.

La Rédaction

Source : BFM

 

 

 

 

 

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