Ali Benflis à l'offensive contre le pouvoir algérien

Publié le 24.05.2015, 11h18 par La Rédaction | 1464 vues | 0 Commentaires

Ali Benflis à l'offensive contre le pouvoir algérien Ali Benflis à l'offensive contre le pouvoir

Ali Benflis à l'offensive contre le pouvoir

Verdict accablant qui ne déroge pas par sa teneur à une foultitude de sentences aussi lourdes, rendues hier par Ali Benflis à partir de Constantine devant le congrès régional de l’Est du pays de Talaiou El Houriyet. 

«Oui, le pouvoir est vacant tout comme le centre de la décision nationale est déserté ; et dans ces conditions comment s’étonner que des cercles occultes se soient emparés de pouvoirs que leur titulaire constitutionnel n’exerce plus ?». 

Près de 400 congressistes issus de 14 wilayas de l’Est du pays ont assisté hier aux assises régionales du parti de Ali Benflis Talaiou El Houriyet qui aborde la dernière ligne droite avant son conclave constitutif prévu à la mi-juin prochain.

Des assises marquées par un discours-programme déclamé par l’ancien chef du gouvernement qui a vilipendé sans ménagement le système politique en place devenu à ses yeux «archaïque, inadapté aux nouveaux besoins et aux nouvelles aspirations de notre peuple et dépassé par la marche accélérée du monde qui marginalise notre pays mis dans l’incapacité d’en soutenir le rythme».  

Estimant que le pays est, désormais, à la confluence de trois impasses d’une rare gravité, Ali Benflis préconise l’ardente nécessité de transformer le droit constitutionnel de l’opposition politique en devoir national sacré du fait que l’Etat national soit en danger et que la nation soit menacée par une accumulation de périls. Périls qu’il dénombre en une impasse politique sans précédent que le régime politique en place ne veut pas voir, refuse de reconnaître et se complaît dans une attitude de déni inexcusable à son égard.

Une impasse économique visible, mesurable et avérée dont l’ampleur n’a d’égale que son état de totale impréparation à faire face aux retombées périlleuses de la crise énergétique mondiale actuelle et d’incapacité à en amortir les chocs dans les conditions les moins pénalisantes pour le développement économique et social du pays.

Et, une impasse sociale, enfin, qui révèle que les politiques publiques réduites à l’achat de la paix sociale au moyen desquelles le régime politique pensait pouvoir acheter sa seule survie, n’auront, au bout du compte servi à rien, et de fait, c’est en dizaine de milliers que l’on recense les troubles sociaux annuellement.  

Un constat qui renvoi, selon l’orateur, à une impasse politique totale et une crise qui s’amplifie au lieu de régresser et qui est devenue une source d’angoisse et d’inquiétude pour l’ensemble des citoyens. «Nul ne peut prédire avec certitude sur quoi elle peut déboucher ni la facture déjà bien lourde dont il faudra s’acquitter pour éponger tous les dommages qu’elle a infligés au pays».

Et dans cette attitude face à l’impasse politique actuelle ; il n’y a qu’une seule exception estimera-t-il ; «celle du régime politique en place, des clientèles qu’il a mises à son service et des groupes d’intérêts, d’influence et de pression sur lesquels il s’appuie dans la quête d’une pérennité qu’il sait déjà perdue».

Ceux-là mêmes qu’il accuse de refuser obstinément de regarder la réalité en face «que leur légitimité et leur crédibilité soient mises en doute, que de par leur propre fait, toutes les institutions républicaines et toute l’administration publique aient été mises en situation de quasi cessation d’activité,… ils profèrent avec une forte dose d’inconscience et de légèreté les accusations d’atteinte à la sécurité nationale et d’intelligence avec l’ennemi et donnent l’alerte contre l’intrusion de mains étrangères…

Voilà à quoi en sont réduits nos gouvernants : chercher le bouc émissaire, anesthésier l’opinion publique nationale par des vœux pieux et des promesses creuses, détourner les regards de cette même opinion de leurs échecs politiques, économiques et sociaux qui s’accumulent et s’emploient désespérément mais vainement à nous convaincre que le pouvoir n’est pas vacant, que le gouvernement gouverne, que les institutions républicaines assument leurs missions constitutionnelles et que l’administration publique n’est pas livrée à elle-même sans orientation et sans directives». 

Ali Benflis y voit tout à fait le contraire et certifie que le gouvernement ne gouverne plus sinon : «Que conclure d’autre que cela lorsque le Conseil des ministres ne se réunit qu’en de très rares occasions et que les lois et décrets par lesquels se gèrent les affaires publiques comptent, en nombre, parmi les moins élevés dans le monde ? 

Existe-t-il une preuve mieux établie et un témoignage plus éloquent quant à cet état de fait déplorable que le récent remaniement ministériel à l’occasion duquel des ministres ont été libérés de leurs portefeuilles sans avoir jamais participé à une seule réunion régulière du Conseil des ministres.»  

Déchiffrant les mystères de ce dernier remaniement ministériel, il y décèle «une improvisation débridée, une légèreté dans la gestion des affaires de l’Etat et une vacance du pouvoir devenue incontrôlée».

Un désordre institutionnel devenu à ses dires «intolérable en tant que menace aux fondements mêmes de l’Etat national et à son autorité qui devrait être sans tâche».  

Et de constats alarmants, Benflis n’en finit plus : «Des wilayas sans walis comme Annaba, Relizane et Aïn-Témouchent ; et Sonatrach – cette mère nourricière des Algériens n’a toujours qu’un intérimaire à ses commandes, des centaines de cadres supérieurs exercent leurs fonctions à titre intérimaire à défaut de réunions du Conseil des ministres qui auraient pu rendre leurs décrets présidentiels de nomination, et, même dans leur rareté les lois promulguées ne sont pas mises en œuvre car les textes d’application n’ont pu être adoptées par un Conseil des ministres qui ne s’est pas réuni depuis une année entière dans sa forme légale».  

Concluant à une crise de régime avérée, Ali Benflis étayera un chapelet de questionnements, enfonçant davantage les tenants du pouvoir en Algérie pour en venir à son propre plan de règlement global de la crise qui sera soumis au congrès constitutif du parti pour adoption à travers une résolution spécifique.

Plan qui s’articule autour de trois grands chapitres et qui devra apporter en premier lieu des réponses au dilemme de la crise du régime et par-delà, la vacance du pouvoir suivi d’une deuxième phase appelée d’aménagement de la transition démocratique et la refondation et enfin le chantier de la refondation du système politique national.

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