Le pouvoir algérien dialogue t-il avec son peuple ?

Publié le 20.04.2015, 11h57 par La Rédaction | 1668 vues | 0 Commentaires

Le pouvoir algérien dialogue t-il avec son peuple ? Bouteflika, le président de la république d'Algérie

Bouteflika, le président de la république d'Algérie

0C’est par une lettre ouverte, bien dosée, que des membres du comité central du FLN s’adressent à leurs «frères» de combat. Mustapha Cherchali, Abbas Mekhalif, Halima Lekhal, Abdelakder Zidoud, Ammar Aichaoui et Tahar Bouguettaf, des noms bien connus au sein de l’ex-parti unique, lancent un cri de révolte en interpellant l’ensemble des membres du CC sur la situation du FLN et du pays en général.

Dans cette lettre ouverte, qui fera assurément date, ils dressent un tableau noir de la situation du pays et dénoncent la volonté du pouvoir de continuer à tout contrôler, et à marginaliser et exclure l’opposition de tout débat engageant l’avenir du pays.

Les rédacteurs de cette lettre ouverte appellent ainsi les cadres et les militants du parti à agir dans l’intérêt du pays, en commençant par remettre le FLN sur les rails. Ils leur demandent d’organiser en urgence une session extraordinaire du comité central afin de réformer radicalement le fonctionnement du parti et se pencher sérieusement sur la situation «préoccupante» du pays.

«Se taire devant ce qui se passe est un crime impardonnable. Et passer sous silence la corruption et l’injustice est insupportable», écrivent-ils tout en relevant les errements d’«un pouvoir autoritaire» qui refuse de dialoguer avec «son peuple». Les six membres du comité central du FLN appellent cette haute instance à assumer ses responsabilités historiques, en agissant pour mettre un terme à ces «dérives dangereuses» qui risquent de compromettre les chances de voir l’Algérie se démocratiser et se développer.

«En dépit de son succès lors des dernières élections législatives et locales, le FLN n’a pas recruté de nouveaux militants ni eu de nouvelles voix.

Au contraire, son gisement électoral a reculé de manière importante depuis 2002», soulignent les rédacteurs de la lettre qui considèrent que ce bond en arrière s’est traduit par la perte de l’influence du parti sur les événements politiques nationaux et par une crise organique qui menace son existence. Ils relèvent ainsi l’absence du FLN dans la crise provoquée par l’annonce par le gouvernement de l’exploitation du gaz de schiste.

«N’est-il pas de la responsabilité des dirigeants du parti d’appeler le régime politique à ouvrir le débat avec le peuple et refonder sa politique en privilégiant l’intérêt général sur la logique de pouvoir ?» se demandent les rédacteurs de cette missive, distribuée aux membres du CC pour l’approuver et la signer, pour lesquels le FLN doit cesser d’être un appareil au service du pouvoir.

Par cette lettre ouverte, les signataires tentent ainsi de faire sortir le FLN de son statu quo dans l’espoir de tenir un congrès dans les règles de l’art. A cette initiative s’ajoute celle du mouvement de redressement dirigé par Abdelkrim Abada qui reprend du poil de la bête afin d’empêcher l’actuel secrétaire général controversé, Amar Saïdani, d’organiser un congrès sur mesure.

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