L'enquête sur l'affaire de pots-de-vin de Chakib Khelil

Publié le 12.05.2015, 10h42 par La Rédaction | 1546 vues | 0 Commentaires

L'enquête sur l'affaire de pots-de-vin de Chakib Khelil Chakib Khelil, ancien ministre de l'énergie en Algérie

Chakib Khelil, ancien ministre de l'énergie en Algérie

L’audience préliminaire de l’affaire de pots-de-vin Saipem-ENI prévue aujourd'hui à Milan en Italie, concerne huit suspects accusés de corruption internationale et six d’entre eux de fraude fiscale également. Farid Bedjaoui, présenté comme le bras droit de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, a déjà mandaté deux avocats. Jusqu’à présent ; en revanche, Chakib Khelil n’est toujours pas formellement inculpé par la justice italienne.

Il est cité juste en tant que témoin. Un média électronique italien a publié avant-hier le rapport final des juges d’instruction du parquet de Milan Fabio De Pasquale, Isidoro Palma et Giordano Baggio sur l’affaire Saipem qui met en cause diverses personnalités algériennes dont l’ex ministre de l’Energie, Chakib Khelil.

Le rapport, qui a été rédigé après une longue enquête judiciaire en Italie et plusieurs commissions rogatoires internationales dans plusieurs pays dont l’Algérie, parle de 198 millions d’euros de pots-de-vin présumés versés par l’entreprise italienne Saipem à Chakib Khelil, à ses proches et à son intermédiaire, Farid Bedjaoui, en contrepartie de 7 grands contrats pétroliers en Algérie d’une valeur de 8 milliards d’euros. 

Une partie des 198 millions d’euros de pots-de-vin aurait servi à l’achat de biens immobiliers en France et à New York. Omar Habour est accusé de complicité de corruption et il dispose, selon le rapport des juges italiens, d’un compte de 34,3 millions de dollars à la banque Audi Saradar de Beyrouth.

Omar Habour est présenté dans le rapport des enquêteurs comme un « lobbyiste » proche de l’ancien ministre, avec qui il avait des « relations économiques depuis de nombreuses années ». Il aurait ainsi recyclé une partie des 198 millions d’euros de pots-de-vin versés.

L’argent, qui a transité par des comptes de Farid Bedjaoui, a servi à acheter des appartements à New York et à Paris et une villa, aussi grande qu’un château, à Ramatuelle, en Provence. Ce sont des domiciles où l’intermédiaire de Chakib Khelil, Farid Bedjaoui, a vécu avec sa famille. Des objets de valeur ont été trouvés dans la maison parisienne : des statues, deux œuvres d’Andy Warhol, un Dali et un Miro.

Farid Bedjaoui, présenté dans le rapport comme le « collecteur » des pots-de-vin, dispose de propriétés à Dubaï, dans des zones de luxe comme Emirates Hill. L’un de ses appartements, situé sur la 5e Avenue à New York, a coûté la bagatelle de 28 millions de dollars. Deux autres appartements, toujours au cœur de la grande pomme, ont été acquis pour une valeur globale de 26 millions de dollars. La conclusion du rapport d’enquête fait ressortir diverses opérations immobilières, en retraçant leur source de financement.

Le rapport note, par exemple, que pour l’achat de l’appartement de la 5e avenue, 1 million de dollars sur un total de 28 millions a pour origine des commissions versées par la Saipem à la Pearl Partners, la société de Farid Bedjaoui, à travers laquelle les pots-de-vin auraient été versés, par tranches. Le million de dollars de la Saipem aurait transité par plusieurs comptes de Farid Bedjaoui avant d’être utilisé dans la transaction immobilière.

Un ancien ministre italien était au courant des pots-de-vin

La mise sur écoute de l’ancien P-DG d’Eni et de l’ancien ministre italien du Développement économique, suite à des rumeurs sur l’implication de ce dernier dans la fameuse affaire de corruption internationale, vient ajouter de nouveaux éléments à l’affaire Sonatrach-Saipem.

L’ancien ministre italien Corrado Passera était bien au courant des pots-de-vins versés par Saipem, la filiale du groupe pétrolier ENI, à des responsables algériens entre 2007 et 2009. Des extraits d’une conversation entre l’ancien P-DG d’ENI Paolo Scaroni et Corrado Passera, publiés cette semaine par la presse italienne, révèlent l’implication de Passera dans cette affaire de corruption internationale.

« Je suis également d’accord qu’ils sont en quelque sorte les pots-de-vin versé à des responsables politiques algériens », disait Scarone à Passera en 2013, selon un extrait de cette conversation publié par la presse italienne. Cette affaire, qui tire son origine de certaines rumeurs qui ont commencé en 2013 à circuler dans la presse locale, est arrivée à nouveau au Parlement italien, où certaines questions ont déjà été adressées au gouvernement de Matteo Renzi, selon le même journal. 

Elle concerne la somme de 198 millions d’euros qu’aurait payé Saipem à un ministre algérien en échange de contrats. « Le ministre algérien qui encaissait les pots-de-vin présumés de 198 000 000 d’euros serait Chakib Khelil », rapporte ce même journal.

Source: Jeune Indépendant

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