Les ténors du FLN s'unissent contre Amar Saädani

Publié le 27.05.2015, 11h51 par La Rédaction | 1312 vues | 0 Commentaires

Les ténors du FLN s'unissent contre Amar Saädani Amar Saadani, au congrès du FLN

Amar Saadani lors du congrès du FLN 2015

Coup dur pour Amar Saâdani, à la veille de la tenue du 10e congrès du Front de libération nationale dont l’ouverture officielle est prévue pour demain, quasiment tous les ténors du parti s’en démarquent publiquement. Jamais, dans l’histoire du vieux parti, un secrétaire général n’a réussi un consensus aussi large… contre lui-même au sein du cercle des personnalités historiques dont une bonne partie est issue de l’ALN.

Hier, en effet, les contestataires de Saâdani et du 10e congrès ont organisé une rencontre en leur quartier général à El-Biar pour «arrêter une position commune» par rapport au rendez-vous de ce week-end. 

Il a été question à l’occasion de lire un communiqué paraphé par 111 membres du Comité central «de différentes catégories d’âge» qui annoncent, notamment, leur «refus d’assister à ce dixième congrès frappé d’illégitimité» ainsi que leur «rejet de tout ce qui en découlera et à tous les niveaux». 

Parmi les signataires, figurent, bien sûr, ceux qui sont montés au front contre Amar Saâdani depuis 2013 comme Abderrahmane Belayat, Salah Goudjil, Abdelkrim Abada, Amar Tou, Rachid Harraoubia, Abdelaziz Ziari, Kassa Aïssi, Nourredine Djaffar, Chawki Mezine. Mais d’autres noms et pas des moindres viennent en renfort aux contestataires. 

Pas moins de trois anciens responsables du parti, à savoir Mohamed Salah Yahiaoui, Boualem Benhamouda et Abdelaziz Belkhadem, pour commencer. En d’autres termes, et à l’exception de Ali Benflis qui, lui, a préféré constituer son propre parti politique, il s’agit, là, de l’ensemble des anciens secrétaires généraux du FLN encore en vie.

On citera également d’autres ténors du parti comme Mustapha Cherchali, Abdellah Hadj, Mohamed Tahar Yala, Ahmed Sbaâ, Affane Guezzan Djillali, Mohamed Boukhalfa, Ali Mimouni, Ahmed Mamouni, et une pléiade d’anciens ministres comme Lakhdar Dorbani, Abderrachid Boukerzaza, Rachid Benaïssa, Mohamed Seghir Kara, Abdelkader Bounekraf, Nadir Hmimid et bien d’autres. 

A ce niveau déjà, il s’agit d’un vrai camouflet, un échec politique et surtout moral pour Amar Saâdani au-delà du nombre des congressistes, de la tenue du congrès ou de la décision de justice attendue pour aujourd’hui même. Pour Saâdani mais pas seulement : en premier lieu, le message est destiné à celui qui tire les ficèles, fait et défait tout au FLN et ailleurs, depuis 1999.

Passe encore sur les rivalités historiques et les rancœurs qui remontent à très loin entre Abdelaziz Bouteflika et son ancien rival pour la succession de Boumediène, Mohamed Salah Yahiaoui. Ou encore avec Boualem Benhamouda auquel Bouteflika n’a jamais pardonné le fameux rapport de la Cour des comptes le concernant dans le sillage de la cabale menée contre lui après l’arrivée de Chadli au pouvoir. Mais que d’anciennes figures de premier plan, d’anciens moudjahidine, quasiment tous ceux qui confèrent sa légitimité au FLN, tournent le dos au choix de Bouteflika est en soi une humiliation pour ce dernier. 

Certes, le coup de force engagé depuis le 29 août 2013 pour imposer Amar Saâdani se poursuivra à l’occasion de ce dixième congrès. La chambre administrative ayant débouté les contestataires dans la seconde affaire, concernant la légitimité de la session du Comité central convoqué pour aujourd’hui dans l’après-midi en constitue le premier signe avant-coureur.

Pour le reste, la machine est lancée et c’est un haut responsable à la présidence de la République qui est chargé de superviser et d’organiser le congrès ! Il n’en demeure pas moins que les plus grandes turbulences sont à prévoir ultérieurement à ce congrès. 

Avec autant de monde dans l’opposition, une opposition qui sera certainement «massivement» renforcée par tous les futurs déçus, forcément des masses, au regard du nombre des congressistes. D’ailleurs, et à bien y regarder, c’est dans ce proche avenir que les contestataires veulent investir. Cela, en décidant d’abord de ne pas assister au congrès. 

Et ensuite en se disant «foncièrement engagés à poursuivre notre lutte et notre militantisme en vue de remédier à toutes les dérives (de l’actuelle direction) et ce, avec tous les moyens que permet la loi, pour redonner leur légitimité à toutes les structures du parti, conformément à ces propres textes et aux lois de la République». 

En d’autres termes, les contestataires donnent rendez-vous à Saâdani pour après le congrès.

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