Barack Obama parviendra-t-il à fermer Guantánamo ?

Publié le 23.02.2016, 23h53 par La Rédaction | 27 vues | 0 Commentaires

Barack Obama parviendra-t-il à fermer Guantánamo ? La fermeture de Guantánamo reste difficile à mettre en oeuvre

 

La prison de Guantánamo (sud-est de Cuba) détient nombre de combattants illégaux capturés par l’armée américaine lors de ses multiples campagnes à l’étranger (Afghanistan, Irak...) Ce camp est toutefois devenu avec le temps une véritable épine dans le pied de l’Oncle Sam. Et ce n’est pas un secret de Polichinelle, Barack Obama souhaite le fermer avant la fin de son mandat.

Trop coûteux, décrié par les ONG de défense des droits de l’homme, Guantánamo ne fait plus recette auprès de l’électorat américain. Pire, la facture pèse de plus en plus lourd sur le dos du contribuable local. Malheureusement, la fermeture de la structure reste pleinement assujettie à l’accord du Congrès, et cela ne sera pas chose aisée tant les opposants au projet sont nombreux dans l’Hémicycle.

Pour rappel, Lisa Monaco, conseillère d’Obama pour l’antiterrorisme, et Ash Carter, chef du Pentagone, avaient annoncé qu’ils présenteraient un plan devant le Congrès en septembre 2015 afin de fermer ce lieu, né après les attentats de 2001. Malheureusement, la procédure est longue et utopique, en atteste la nouvelle allocution du président américain aujourd’hui à la Maison Blanche, où il a défendu cette alternative contre vents et marées devant la presse.

Pour ce dernier, très remonté, « il est tout à fait incohérent de conserver une prison que le monde condamne et que les terroristes utilisent dans leur recrutement. » Le but de la proposition vise donc à éliminer les restrictions empêchant les détenus d’être transférés vers les Etats-Unis.

Un projet très controversé

Cependant, le problème majeur découle du statut même de ces prisonniers. Ces derniers sont en effet trop dangereux pour être remis en liberté, mais leur inculpation reste difficile à mettre en œuvre, faute de preuves tangibles.

L’opposition condamne dès lors, « un système de détention illimitée » impossible à pérenniser sur le sol américain. L’administration Obama plancherait dès lors sur un système de détention provisoire « étendu » afin de convaincre le Congrès.

A cette fin, treize structures d’accueil ont été ciblées. Le coût total de ce transfert se situerait alors dans une fourchette allant de 290 à 475 millions de dollars et engendrerait des économies annuelles de l’ordre de 65 à 85 millions par an.

Aujourd’hui, le camp renfermerait encore 91 détenus contre 700 en 2003. 35 pourraient être renvoyés dans leur pays ou dans une nation tierce dans les mois à venir, confie une source proche du dossier. Néanmoins, le reste des détenus présentent un risque trop important pour bénéficier « d’un tel régime de faveur. » Ces derniers sont donc pleinement concernés par la polémique.

Si, comme c'est prévisible, le Congrès bloque tout mouvement, l'exécutif américain pourrait être tenté d'agir par décrets. Mais la Maison Blanche n’a pour l’instant pas communiqué sur cet aspect de la procédure.

Mathieu Portogallo

Sources : 24 heures et La Presse

 

Publier votre réaction avec un compte anonyme
  • text :*

    nombre de lettres restantes 500

Publier votre réaction avec votre propre compte

Vos réactions | 0 réactions

Problème de mot de passe

Veuillez saisir votre email