Le Qatar au chevet des gazaouis

Publié le 20.12.2018, 18h17 par La Rédaction | 33 vues | 0 Commentaires

Le Qatar au chevet des gazaouis


Pour la seconde fois, de l’argent distribué par le Qatar a permis aux fonctionnaires palestiniens de récupérer une partie de leurs arriérés de salaires. Un soutien important pour les populations coincées dans l’enclave palestinienne et qui permet au Qatar de faire entendre sa voix sur la scène internationale.

Rejetée. La demande du Qatar de construire un aéroport dans la bande de Gaza a été, début décembre, refusée par Israël. Quand bien même Doha se proposait de placer l’infrastructure sous sa surveillance sécuritaire, « les Israéliens étaient préoccupés par l’aspect sécuritaire (bien que) nous leur (ayons) dit qu’il était possible de trouver une solution pour la sécurité grâce à des avions effectuant des allers-retours à Gaza, uniquement en passant par Doha sous une surveillance qatarie », a déclaré le porte-parole du Qatar pour l’enclave palestinienne, Mohammed al-Emadi, à Sawa, un site d’informations palestinien.

 

Comment le Qatar aide-t-il Gaza ?

Depuis la prise de pouvoir du Hamas sur la bande de Gaza en 2007, Israël et l’Égypte imposent un blocus aérien, terrestre et maritime au territoire palestinien. Hormis la frontière égyptienne, Tel-Aviv contrôle sévèrement tous les accès à l’enclave, où s’entassent 1,8 million d’habitants, dont un sur deux vit sous le seuil de pauvreté. À Gaza, le chômage touche plus de la moitié (53 %) de la population et l’économie de l’enclave est en « chute libre », selon la Banque mondiale. Isolés, souffrant de la guerre et des pénuries quotidiennes, le territoire et ses habitants ont donc dramatiquement besoin d’aide.

Une aide que le Qatar s’attache depuis plusieurs mois à concrétiser. Le petit émirat a en effet décidé de distribuer 90 millions de dollars qataris, principalement en faveur des fonctionnaires gazaouis, dont les salaires ne sont plus versés que très épisodiquement. La distribution de cette somme, versée en six tranches mensuelles de 15 millions de dollars, donne lieu à de longues queues se formant devant les agences bancaires de la bande de Gaza. « Cet argent nous aide à vivre nos vies et à subvenir aux besoins de nos enfants, même si ce n’est qu’un petit peu », confie une Palestinienne à l’AFP.

L’aide du Qatar à la bande de Gaza ne se limite pas à ces dons d’argent. Doha finance également des distributions de fioul, qui ont permis au territoire, où les coupures de courant sont fréquentes, d’augmenter significativement son accès à l’électricité. De nombreuses infrastructures ont également bénéficié de l’argent qatari, comme un tribunal inauguré en septembre dernier, une route à quatre voies ou encore, à Khan Younès, au sud de l’enclave, un ensemble de 3 000 logements neufs disposant de jardins, d’écoles et d’une mosquée. Une aide plus que bienvenue, qui allège un tant soit peu les dures conditions de vie des Gazaouis.

 

L’aide de Doha à Gaza, un moyen de peser sur la scène internationale

Un volontarisme de Doha très largement poussé par une opinion publique arabe — donc qatarie —  sensible au sort des habitants de la bande de Gaza. Sans compter que près de 20 000 Palestiniens vivent sur le territoire du petit émirat. Mais l’aide qatarie est également un moyen pour Doha de conserver une voix sur la scène internationale, au moment où le pays subit un blocus déclenché par l’Arabie saoudite. « Le dossier palestinien reste important pour tous les pays cherchant à jouer un rôle dans la région », explique au quotidien Libération Jamal al-Fadi, professeur de sciences politiques à Gaza.

« Le Qatar a toujours vu la question palestinienne, et plus spécifiquement son rôle de lien avec le Hamas, comme un moyen d’être utile aux Américains », renchérit Tobias Borck, du Royal United Services Institute, Doha ayant apparemment réussi à convaincre Washington qu’il pouvait mesurer les velléités du mouvement considéré comme « terroriste » et jouer le rôle d’intercesseur. Enfin, bien qu’Israël et le Qatar n’entretiennent pas de relations diplomatiques, « le rôle du Qatar à Gaza est important stratégiquement pour Israël », selon le spécialiste du Moyen-Orient Sigurd Neubauer. En témoigne le fait, exceptionnel, que Tel-Aviv ait laissé, par deux fois, l’ambassadeur Al-Emadi passer la frontière de Gaza avec l’argent promis aux fonctionnaires palestiniens.

Un rôle de facilitateur de dialogue et de négociateur qui rend le petit émirat indispensable dans la région.

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