Les premières actions d’Idriss Déby à la tête de l’Union africaine

Publié le 25.03.2016, 17h11 par Ramy | 145 vues | 0 Commentaires

Les premières actions d’Idriss Déby à la tête de l’Union africaine

La récente nomination d'Idriss Déby Itno à la tête de l'Union africaine redonne l'espoir d'une accalmie dans la région sahélo-saharienne. Leader en matière de lutte contre l'insécurité et promoteur du dialogue, contre Boko Haram en Afrique centrale.

« Nous n’agissons pas assez » 

Lors de son discours d'investiture à la tête de l'Union africaine (UA), le chef d’État tchadien Idriss Déby Itno s'était sans surprise exprimé sur la situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne ainsi que sur le reste du continent. S'adressant à ses 53 homologues de l'organisation panafricaine, il avait ainsi pris l'engagement de mener des actions concrètes pour améliorer le contexte sécuritaire. Et n'avait pas hésité à critiquer l'immobilisme de l'organisation : « Nous nous réunissons souvent, nous parlons toujours trop, nous écrivons beaucoup, mais nous n'agissons pas assez, et, parfois, pas du tout. Nous n'anticipons pas assez, nous attendons tout de l'extérieur. »

Afin d’enrayer ce mouvement d’inertie, une délégation de chefs d’État africains envoyée par l'UA s'est rendue fin février au Burundi pour convaincre le président Nkurunziza de dialoguer avec son opposition. Dans un communiqué publié lundi 29 février dernier, la délégation appelait « toutes les parties prenantes à la crise burundaise à prendre part à ce dialogue, sans pré-conditions et dans le strict respect de l’Accord de paix d’Arusha ». Une prise de position qui aura permis de rattraper la bourde du président sud-africain, Jacob Zuma, qui s'était exprimé seul deux jours plus tôt. Les premiers pas d’Idriss Déby à la tête de l'UA resteront donc marqués par le rétablissement d'un dialogue avec Bujumbura et la condamnation ferme des délires messianiques de son chef d’État.

Revenu au pouvoir après une guerre civile sanglante au Tchad et dans un contexte régional tendu, miné par la succession des conflits voisins, notamment en République démocratique du Congo (RDC) et au Darfour, qui ont fait des milliers de réfugiés au Tchad, Idriss Déby assure depuis six ans une stabilité politique rare dans la région. Une stature de chef d’État rassembleur qui a permis au Tchad de se démarquer par le soutien qu'il apporte dans la région, notamment au Mali dans le cadre de l'opération Serval et au Cameroun contre Boko Haram, ainsi que l'accueil qu'il offre à des opérations militaires étrangères.

« Pas de développement sans la paix et la stabilité »

Cette assise permet aujourd'hui au chef d’État tchadien de remplir ses fonctions de leader de l'organisation panafricaine en se concentrant en priorité sur la sécurité, mais en ne délaissant pas le développement. « Vous ne pouvez pas parler de développement sans la paix et la stabilité. Quand une partie du continent est malade, c’est l’ensemble qui en souffre. Donc, il faut qu’on sorte de ce cycle de violence et d’instabilité pour pouvoir s’occuper du développement. Bien sûr, le développement est aussi une priorité, mais cela va de pair. Nous allons agir sur les deux », a-t-il récemment déclaré.

Quel impact maintenant la nomination d’Idriss Déby à la tête de l'UA peut-elle avoir sur l'élection présidentielle du 10 avril prochain ? La confiance que lui témoigne la communauté internationale devrait jouer en sa faveur. La stabilité intérieure a beau avoir été retrouvée depuis la fin de la guerre civile, la menace extérieure de Boko Haram se fait de plus en plus grande. Le Tchad commence à être la cible d'attaques terroristes en représailles de sa politique volontariste dans la région, à tel point que l'état d'urgence a été déclaré en novembre dernier. Une coordination internationale menée par Idriss Déby pour lutter contre le terrorisme ne peut être qu'un argument en sa faveur.

Sur le plan intérieur, l’actuel président se veut moderniste et souhaite adapter les institutions à la nouvelle réalité du pays, celle d'un Tchad pacifié où la figure d'un chef d’État puissant n'a plus de raison d'être. Aussi compte-t-il revenir sur la question de la limitation des mandats : « La réintroduction du principe de limitations des mandats présidentiels dans la constitution doit être posée, car il y va de la vitalité de notre jeune démocratie » a-t-il récemment déclaré.

 

 

 

 

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