Maixent Accrombessi plaide pour le développement vert de l’Afrique

Publié le 04.05.2016, 18h49 | 69 vues | 0 Commentaires

Maixent Accrombessi plaide pour le développement vert de l’Afrique

Dans une tribune publiée le 29 avril 2016 sur le site de Jeune Afrique et intitulée « Vers une croissance verte et inclusive des économies africaines », le directeur de cabinet du Président gabonais Ali Bongo revient sur la nécessité d’une croissance durable des économies africaines. Diversification, transformation locale de matières premières pour créer davantage de valeur sur le continent, développement économique respectueux de l’environnement, il détaille les grands enjeux auxquels l’Afrique fait face. Cette publication est l’occasion de revenir sur le rôle clé d’un homme de l’ombre qui a largement œuvré pour la sensibilisation écologique sur le continent.

De tous les pays subsahariens, si un seul doit être cité en exemple en termes de développement durable, c’est bien le Gabon. Dès 2000, l’ex-président Omar Bongo supervise la création d’un Code forestier, de treize parcs naturels et d’une Agence nationale des parcs nationaux. Ali Bongo Ondimba, actuel président de la République, se lance dans son sillage et prolonge le mouvement. Il démarre sa politique « durable » en 2009, à une période où la plupart des pays pétroliers vivent encore quiètement de leurs rentes, déploie un arsenal juridique et humain conséquent pour protéger la biodiversité et les ressources forestières du Gabon. Le pays entame en même temps sa transition d’une politique économique d’exploitation à une politique de transformation – afin de générer une valeur ajoutée sur ses ressources naturelles. Il réinvestit les revenus pétroliers dans des projets de développement d’énergies renouvelables (40 % de l’électricité produite sur le territoire gabonais provient d’énergies renouvelables, et l’Etat vise 80% d’ici à 2025). Et cet engagement n’a pas ralenti le développement du pays : le PIB national gabonais est amené à tripler d’ici 2025, et ce sans augmentation de l’empreinte carbone.

Cette politique ambitieuse et volontariste est un exemple à suivre pour tout le continent – et même au-delà. Maixent Accrombessi, l’un des architectes du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE), plan de réformes et de projets d’investissements publics et privés gabonais, a publié une tribune sur le site d’information Jeune Afrique, dans laquelle il interpelle l’Afrique, et souligne les choix économiques et énergétiques qui la maintiennent dans un état de dépendance et d’attentisme. Pour lui, de nombreuses copies sont à revoir. Parce que l’Afrique manque de vision, elle se laisse encore exploiter, et perd les bénéfices de ses richesses. « Ce n'est un secret pour personne : l'Afrique regorge de ressources naturelles, qu'elles soient minérales, animales ou végétales », ouvre-t-il. « Est-elle pour autant riche de celles-ci ? Là non plus, la réponse ne fait aucun mystère. Et pour cause : les matières premières extraites des sous-sols africains sont intégrées en aval des chaînes de production mondialisées par des acteurs multinationaux, qui les exportent brutes vers d’autres continents pour y être transformées. C’est au cours de ces processus de transformation que se crée à l’extérieur une valeur qui échappe aux producteurs africains. »

Le premier risque est celui de l’épuisement des ressources. Aujourd’hui, la plupart des richesses naturelles africaines sont exploitées sur d’autres continents. « Les trois quarts de la production du bois africain partent vers l’Asie par le biais de près de trois cents entreprises, qui génèrent un chiffre d’affaires annuel estimé à 6 milliards de dollars », rappelle Accrombessi. Ce manque à gagner ralentit le continent dans son effort d’émergence. Le risque est celui d’un phénomène de jobless growth qui caractérise les pays dont l’économie se base sur les industries extractives, peu créatrices d’emplois, dont l’essentiel de la population vit bien souvent sous le seuil de pauvreté. Pour lui, « l’expérience gabonaise en la matière constitue une rupture qui doit servir d’inspiration aux pays africains, dont les économies sont trop souvent exclusivement adossées sur les industries extractives. » Il rappelle que « depuis 2010, les investissements directs étrangers (IDE) ont doublé, stabilisant la croissance de l’économie gabonaise autour de 5,9 % par an et favorisant la création de 60 000 nouveaux emplois. »

L’Afrique est également menacée par un phénomène parallèle encore plus grave : la surexploitation de ses ressources. En effet, comme les principaux consommateurs sont étrangers, ils n’ont que peu de considération pour la viabilité des ressources d’un pays, pouvant à tout moment se retourner vers une autre source si besoin est. A ce propos M. Accrombessi cite l’exemple de Madagascar « qui a perdu 80 % de sa surface forestière en un siècle », avant de poursuivre : « 9 millions d’hectares de forêts ont ainsi disparu en Afrique entre 2000 et 2013, une quantité trop importante pour être légale. » En comparaison, au Gabon, ce phénomène se limite à 0,02 % des forêts nationales.

Autre point majeur sur lequel Maixent Accrombessi attire l’attention : la nécessité de mettre en place une durabilité de la production d’énergie. Aujourd’hui, les pays africains sont parmi les moins responsables du dérèglement climatique mais, paradoxalement, parmi les plus affectés par celui-ci. Les violentes sécheresses et les inondations répétées ont des conséquences graves sur la sécurité alimentaire du continent. Si ces tendances climatiques se poursuivent, la production de blé pourrait enregistrer une baisse de 10 à 20% d’ici à 2030. Grâce aux importants efforts consentis par le Gabon dans ce domaine, les émissions totales de gaz à effet de serre seront réduites de 62 % par rapport à 2010. Notons que grâce aux énergies renouvelables, le Gabon ne dépend plus qu'à 60 % des énergies fossiles et se classe parmi les cinq premières nations africaines en matière de compétitivité énergétique. « Le nouveau modèle de développement promu par Ali Bongo Ondimba concilie donc croissance économique, bien-être social et préservation de l’environnement, pour offrir à tous les Gabonais une véritable égalité des chances », souligne son directeur de cabinet. Et compte tenu des premiers résultats, il serait inconscient de ne pas lui emboîter le pas.

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