Royaume-Uni : la chaîne saoudienne Al-Arabiya perd sa licence de diffusion

Publié le 16.02.2018, 19h53 | 96 vues | 0 Commentaires

Royaume-Uni : la chaîne saoudienne Al-Arabiya perd sa licence de diffusion

La crise du Golfe ne semble pas près de se détendre. Jeudi 15 janvier, un communiqué de l’agence de presse qatarie QNA évoquait le fait que la chaîne d’information Al Arabya, basée à Dubaï mais détenue en grande partie par des hommes d’affaires saoudiens, avait cédé sa licence de diffusion au Royaume-Uni. La QNA affirme que ce retrait serait dû à une action qu’elle a intenté par le biais du cabinet d’avocat britannique Carter-Ruck, dans le cadre d’un incident remontant au début de la crise du Golfe.

 

Le retour de la crise du Golfe


Pour comprendre les faits, il convient de revenir au mois de mai 2017, quelques jours seulement avant le déclenchement de la crise diplomatique qui secoue encore la région à ce jour. Dans la nuit du 24, l’agence de presse qatarie est piratée, et à la suite de ce piratage, de fausses déclarations de l’émir al-Thani sont intégrées au site Web de l’agence nationale.

C’est sur la foi de ces fausses déclarations que l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn et l’Égypte se fonderont pour déclencher un embargo terrestre et maritime à l’encontre du Qatar, assorti d’une liste de recommandations jugées irréalistes par de nombreux experts internationaux.


Sauf qu’entre le moment de ce piratage et l’action des quatre pays, le Qatar avait déjà annoncé le piratage de son agence, et l’émir al-Thani avait bel et bien démenti les faux propos qui lui avaient été attribués. Une enquête conjointe des services qataris et du FBI aboutira un peu plus tard à ce qu’il sera convenu d’appeler « la piste émiratie » dans les médias. En effet, des détails techniques auraient permis d’identifier une recrudescence importante et anormale d’adresses IP émiraties, quelques minutes seulement avant et après le piratage.


Tout cela n’aura toutefois pas empêché la chaîne Al-Arabiya de diffuser en masse les faux propos de l’émir Al-Thani, au détriment du démenti de ce dernier. La QNA s’est finalement plainte à l’Ofcom britannique, l’équivalent du CSA français, par le biais d’un cabinet d’avocat britannique, Carter-Ruck. Selon QNA, quelques mois plus tard et pour éviter une enquête officielle, Al Arabiya aurait rendu sa licence avec effet immédiat.

 

La chaîne émiratie déjà sanctionnée


Ce n’est pas la première fois qu’Al Arabiya a maille à partir avec l’Ofcom. En 2016, la diffusion d’un reportage sans son consentement de M. Husain Abdulla, un militant des droits de l’homme bahreïni alors retenu en prison, avait valu à Al Arabiya une amende de 120 000£. Le chiffre particulièrement élevé était d’autant plus impressionnant que les décisions de sanction sont particulièrement rares à l’Ofcom (moins de cinq par an en moyenne).


Du côté d’Al Arabiya, si la chaîne ne dément pas ne plus avoir de licence, elle se défend de tout lien avec la crise du Golfe. « Al Arabiya a suspendu sa diffusion au Royaume-Uni (...) fin janvier » a-t-elle précisé laconiquement, sans plus d’explications mais allant même jusqu’à qualifier le communiqué de QNA de « fake news ». Pour l’heure, l’Ofcom n’a pas publié de communiqué officiel invalidant l’une ou l’autre des affirmations. Néanmoins, sur le site du gendarme de l’audiovisuel britannique, la chaîne Al Arabiya a effectivement perdu sa licence.


 

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