Un comité de Tchadiens immigrés en France demande à Paris de renoncer au Tchad

Publié le 26.02.2019, 17h12 par La Rédaction | 1321 vues | 0 Commentaires

Un comité de Tchadiens immigrés en France demande à Paris de renoncer au Tchad Un comité de Tchadiens immigrés en France demande à Paris de renoncer au Tchad


« Les 4, 5 et 6 février 2019 la France a bombardé une colonne de rebelles au nord du Tchad, faisant plus de 160 morts, et a arrêté et remis aux mains de l'armée tchadienne plus de 250 d'entre eux. Nous, tchadien(nes) immigré(es) en France, exigeons le départ immédiat de l'armée française du sol tchadien. Pour cela nous organisons une manifestation le 7 mars prochain à 13 heures devant l'Assemblée nationale, à Paris. Venez nombreux pour nous soutenir ! Nous n'avons pas besoin de la France pour régler nos problèmes. A bas le colonialisme ! »

Le réquisitoire du "Comité pour un Tchad débarrassé de l’armée française !", relayé lundi 25 février par Mediapart, démontre que les velléités hexagonales au Tchad ne font pas forcément l'unanimité auprès des principaux intéressés, qui observent à distance la crise sécuritaire et économique traversée par leur patrie. La suite vient d'ailleurs largement confirmer ce postulat.

« Présente au Tchad depuis 60 ans, l’armée française pose des véritables problèmes au peuple tchadien. En effet, à travers son armée, la France n’a jamais soutenu la construction d’un Etat de droit ni œuvré à l’avènement d’un Etat démocratique au Tchad. Elle soutient sans faille et de manière inconditionnelle, un régime impopulaire. C’est ainsi qu’en 2006, 2008, l’armée française a sauvé son protégé, le soldat Idriss Deby dont le pouvoir chancelant était menacé par des insurgés. (...) Ces ingérences de la France au Tchad ont suscité de nombreuses indignations dans l’opinion tant nationale qu’internationale. C’est dans ces circonstances troubles au contour juridique saugrenu, que la France justifie son intervention militaire et meurtrière. Aussi, des réelles menaces pèsent désormais sur les leaders de l’opposition démocratique, de la société et toutes voix discordantes qui tentent de mettre à nu l’ingérence de la France au Tchad et les pratiques anti-démocratiques du régime actuel. Face à ces frappes disproportionnées et illégales de l’armée française, les Tchadiens dans leur majorité écrasante, s’indignent et dénoncent avec véhémence cette ingérence dans les affaires intérieures du Tchad. »

Cette fronde intervient plus de deux mois après l'octroie d'un prêt par Paris à N’Djamena d’une valeur de 40 millions d’euros. Celui-ci a en effet solutionné le paiement de la solde nette des fonctionnaires civils tchadiens pour le mois de décembre (30 millions d’euros environ), ainsi que le versement des pensions et retraites à hauteur du reliquat. Soit 10 millions d’euros correspondant à plus de trois mois de prise en charge.

Pour rappel, la France est très présente dans le dossier "G5 Sahel". Cette force conjointe (Tchad, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso) a en effet pour but de lutter efficacement et durablement contre la menace djihadiste au Sahel. Et de prendre le relais, à terme, de la force hexagonale, Barkhane, déployée notamment dans le nord du Mali où elle combat les groupes terroristes.

La Rédaction

Crédit photo : Pixabay

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