Construction d'une centrale nucléaire au Maroc, vrai projet ou fausse rumeur ?

Publié le 07.06.2016, 12h04 | 545 vues | 0 Commentaires

Construction d'une centrale nucléaire au Maroc, vrai projet ou fausse rumeur ?

 

Une stratégie qui fera la part belle aux énergies renouvelables bien sûr mais également à l'énergie nucléaire considérée comme une option valable à long terme pour remplacer l'exploitation des hydrocarbures. La première centrale nucléaire du Royaume pourrait d'ailleurs bientôt voir le jour, selon les révélations du quotidien Akhbar Al Yaoum.

 

Une première centrale nucléaire au Maroc ?

 

Selon le quotidien marocain Akhbar Al Yaoum, qui s'appuie ici sur des sources anonymes du ministère de l’Énergie et des mines, les travaux de construction de la première centrale nucléaire marocaine auraient déjà commencé sur le site de Boulbra, à proximité de la ville de Sidi Ishaq, située entre Safi et Essaouira. Une nouvelle qui surprend par sa soudaineté, mais qui resterait malgré tout assez plausible au regard des ambitions affichées par le Royaume dans le domaine du nucléaire civil depuis le début des années 2000. 

 

En effet, si ces révélations sont à prendre avec précaution (l'information ayant été démentie par le gouvernement), les autorités ont bien entamé une réflexion sur l’introduction du nucléaire dans le mix énergétique national à moyen ou long terme. Le Royaume dispose d'importantes réserves de phosphates (les plus importantes au monde) et pourrait transformer sur place la roche ou l’acide phosphorique en uranium afin de sécuriser son approvisionnement énergétique à moindre coût. 

 

Une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait pour cela effectué une première inspection dans le royaume au mois d'octobre dernier afin d'évaluer les infrastructures nécessaires à la construction du programme d’énergie nucléaire marocain en conformité avec les standards observables à l'échelle internationale. Le gouvernement avait par la suite reçu le feu vert de l'autorité internationale. 

 

Toujours selon Akhbar Al Yaoum, les travaux engagés pourraient donc s'achever dès 2017 (délais néanmoins peu crédibles au regard des exigences d'un tel chantier), et aboutiraient sur la mise en service avant 2020 d'une centrale de 800 à 1000 MW de puissance cumulée, permettant de couvrir plus de 7 % des besoins énergétiques du Maroc. 

 

Une tendance pro nucléaire bien réelle 

 

Bien que peu probables à ce jour, les rumeurs circulant sur la première centrale nucléaire marocaine sont toutefois révélatrices d'un engouement bien réel pour l'énergie nucléaire à l'échelle nationale et internationale. Le Maroc, à l'instar des pays du Maghreb et de nombreux pays émergents africains, asiatiques ou sud-américains, considère l'énergie nucléaire comme une solution valable pour diversifier ses sources d'énergie et assurer dans le même temps à sa population un approvisionnement électrique à la fois stable, bon marché et décarboné.

 

Produisant de grandes quantités d’électricité sans émission de CO2, les centrales nucléaires sont en effet envisagées aujourd'hui par de nombreux Etats pour remplacer les hydrocarbures et répondre à la demande croissante de leur population liée à la pression démographique et à un taux d'équipement en hausse régulière. On pense ici entre autres à l'Algérie, à la Tunisie, à l'Egypte, à l'Afrique du Sud, au Ghana, au Nigeria, à l'Iran, au Bangladesh, au Vietnam, ou à l'Argentine.  

 

Mais outre ces pays émergents, les pays développés déjà fortement équipés connaissent eux aussi un regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et même le Japon, relancent progressivement leur programme de développement nucléaire, via la prolongation de la durée d'exploitation de leurs réacteurs, la construction de nouvelles centrales ou la remise en activité d'anciennes installations.  

 

La France, puissance reconnue dans ce domaine, dispose quant à elle déjà d'un mix énergétique fortement décarboné avec plus de 75 % de sa production d'origine nucléaire et une électricité parmi les moins chères d'Europe. Le groupe français EDF, apprécié à l'international pour son expérience dans l'exploitation d'un des plus grands parcs nucléaires au monde (58 réacteurs), aura donc certainement un rôle déterminant à jouer dans le développement de l'atome à l'international.

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