Maroc : le tamazight, une langue reconnue mais peu valorisée par les instances nationales

Publié le 09.01.2016, 16h35 par La Rédaction | 261 vues | 0 Commentaires

Maroc : le tamazight, une langue reconnue mais peu valorisée par les instances nationales Le tamazight ne pèse pas assez dans a sphère linguistique marocaine

Bien que le tamazight soit reconnu depuis 2011 par la constitution marocaine en tant que langue officielle du pays, il peine à être valorisé à sa juste mesure par les instances nationales, au grand dam de la communauté berbère.

« Aujourd’hui le tamazight ne fait toujours pas partie des domaines prioritaires du Maroc. Alors que tout le monde semble nous soutenir, rien de bouge » regrette Abdallah Badou, président du Réseau citoyen Amazigh. Et pour cause, la question est plus que sensible car la langue berbère datant de l’époque préislamique reste toutefois marginalisée par les arabophones.

La fissure s’explique avant tout structurellement précise-t-il : « Le Haut-commissariat au Plan évalue les berbérophones à hauteur de 26,7 % de la population. Or selon de nombreuses ONG, les chiffres tourneraient plutôt autour d’une fourchette allant de 40% à 60%. » Depuis 2011, une loi organique doit en effet voir le jour au Maroc afin de valoriser le tamazight, « mais force est de constater que son utilisation appelle toujours à débat dans l’hémicycle » ajoute-t-il.

Un législateur divisé et un manque de moyens notoire

Le 6 janvier dernier, le débat a ainsi été relancé au Parlement lorsqu’une question en tamazight fut posée. Et comme tout un symbole, deux écoles s’affrontent sur du cette problématique. D’une part, les députés qui considèrent que cette langue devrait peser davantage dans le paysage linguistique marocain, et d’autre part, ceux qui estiment que le débat ne doit pas être sujet à surenchères tant que la loi organique n’a pas vu le jour (à l’image du parti de la justice et du développement). Cette rupture démontre donc qu’un consensus est encore loin d’être trouvé dans les hautes sphères nationales.

Mais, les manques sont encore plus profonds comme le soulignent les ONG berbères qui condamnent une diffusion insuffisante de la langue, et cela dès le plus jeune âge : « Moins de 15 % des élèves du primaire ont des leçons de berbère prévues à leur emploi du temps » soupire A.Badou.

Les faiblesses reposent également sur des capacités financières et logistiques qui ne permettent guère de faire évoluer les choses dans le bon sens. Elles sont même criantes révèle Abdallah Kassi, responsable du chantier au ministère de l’éducation : « Certaines régions, qui avaient pris de l’avance en demandant à des instituteurs de n’enseigner que le berbère pour toucher plus de classes, ont dû revenir en arrière faute de professeurs pour les autres matières. »

Une formation pour les volontaires a cependant été mise en place dans le pays et 300 étudiants la suivent actuellement. Pour A.Kassi, le chantier est toutefois encore immense : « Nous avons besoin de temps pour obtenir des résultats concrets. »

La Rédaction

Source : La Croix

 

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