Algérie : des ouvriers chinois non payés vivent comme des SDF

Publié le 26.06.2016, 14h12 par La Rédaction | 162 vues | 0 Commentaires

Algérie : des ouvriers chinois non payés vivent comme des SDF Alger : des ouvriers chinois non payés font le siège de leur ambassade

Les habitants d'Alger assistent depuis quelques mois à un triste spectacle. Nombre de campements de fortune ont en effet fleuri dans les rues de la capitale, regroupant des ouvriers chinois qui n'ont pas reçu leur paie et toujours dans l'attente d'un visa pour pouvoir rentrer chez eux. La problématique devient de plus en plus délicate, rapporte Courrier International.

“Cela dure depuis plusieurs mois. Comme je travaille dans ce secteur, je les vois tous les jours. Il y a plusieurs vagues de travailleurs chinois qui vont et qui viennent. Ils attendent d’être rapatriés dans leur pays. Et quand ils partent d’autres arrivent”, soupire un agent de Netcom qui balaie chaque jour un flanc de la rue El-Alem Abderrezak, proche de l’ambassade chinoise.

Ce dernier tire d'ailleurs le signal d'alarme, décontenancé par une situation qui le dépasse : “Dès qu’un chantier est achevé, ils sont obligés de rentrer chez eux. Apparemment, ils n’ont pas été payés. Ils viennent donc réclamer leurs droits auprès de leur ambassade. Sincèrement, je n’ai rien vu de mal de leur part. Ce sont des gens tranquilles et sans histoires.”

Et pour cause, ces travailleurs étrangers vivent aujourd'hui comme des SDF, à la belle étoile sous des toiles de fortune, "n’ayant pour toute literie qu’un matelas pourri et une couverture crasseuse, rongés par le froid et l’humidité", poursuit le média.

Une situation qui indigne également une mère de famille vivant près de "ce ghetto" : “Ça ne se fait pas de les laisser comme ça. Ça devient gênant. Il y a une école, là. Il faut leur trouver un endroit décent pour s’abriter. Il faut que notre Etat leur trouve une solution. Mais que voulez-vous, makache doula."

Des autorités chinoises peu regardantes

Pourtant ces hommes multiplient chaque jour les démarches auprès de l'ambassade chinoise d'Alger, mais leurs demandes restent lettre morte. Ce quotidien devient donc logiquement invivable pour cette communauté, souligne l'un des ouvriers sous couvert d'anonymat : “Nous n’avons pas de ressources pour rentrer chez nous. Je suis en Algérie depuis près de deux ans", martèle-t-il.

Avant de poursuivre, las : “Nous avons servi dans un chantier de construction de nouveaux bâtiments à Oran. Mais nous n’avons pas été payés. En plus, l’entreprise nous a retiré nos passeports.”

Pour rappel, près de 40 000 travailleurs chinois sont actuellement recensés en Algérie. Un chiffre appelé toutefois à se restreindre avec le temps, puisque les entreprises chinoises souhaiteraient aujourd'hui recourir à la main-d’œuvre locale, en raison des problèmes manifestes de rapatriement qui gangrènent la situation de ses ressortissants.

Mathieu Portogallo

Source : Courrier International

 

 

 

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