Algérie : la violence conjugale tend à se banaliser

Publié le 20.11.2016, 20h11 par La Rédaction | 191 vues | 0 Commentaires

Algérie : la violence conjugale tend à se banaliser Algérie : la violence conjugale tend à se banaliser

Selon un récent rapport des Nations unies s'appuyant sur des données rendues publiques par l'OMS, les violences conjugales en Algérie tendent à se banaliser puisque 55% des jeunes algériennes (âgées de 15 à 19 ans) considèrent que ces actes sont tout à fait justifiés au quotidien.

Cette estimation englobe en conséquence 800 000 jeunes femmes, dont le parti pris garde la dent dure, à l'image de ces nombreux propos récurrents recueillis par le sondage : "Un homme qui ne frappe pas sa femme n’est pas un homme" - "un homme frappe sa femme parce qu’il l’aime", ou encore "si un homme frappe sa femme, c’est qu’elle l’a mérité !"

Face à ce constat alarmant, le Fonds de l'ONU pour la population a donc placé le pays maghrébin face à ses responsabilités en appelant l'Etat à poursuivre ses efforts sur ce dossier afin que les mœurs évoluent dans le bon sens :

"Une adolescente sur deux tolère la violence domestique et trouve justifiable qu’un homme batte sa femme, bien que des dispositifs réglementaires colossaux aient été mis en place par le gouvernement algérien pour prévenir, protéger la femme et punir tout acte de violence à son égard, qu’il soit verbal, physique, psychologique ou économique", martèle le rapport de l'Organisation.

Du côté du réseau Wassila regroupant plusieurs associations locales de défense des femmes et des enfants victimes de violence, les conclusions sont elles beaucoup plus tranchées. C'est le cas de l'une de ses membres, Feriel Kheli, interrogée par El Watan :

"On entend souvent les femmes justifier la violence qu’elles subissent, et très souvent ce sont leurs familles qui les poussent à accepter et à dédramatiser les actes de violence", indique-t-elle, avant de charger l'exécutif algérien : "Cela démontre à mon sens que nos campagnes de sensibilisation ne ciblent peut-être pas les bonnes personnes. Nous devons donc toucher un public plus jeune."

Un public plus jeune mais aussi masculin renchérit Mariam Khan, sociologue, représentante de l’UNFPA : "Nous pensons malgré ces statistiques que les femmes sont très engagées en Algérie dans la lutte contre les violences faites aux femmes comparativement à d’autres pays, mais il faut aujourd’hui impérativement engager les hommes dans cette lutte."

La Rédaction

Source : El Watan

 

 

 

 

 

 

 

 

Publier votre réaction avec un compte anonyme
  • text :*

    nombre de lettres restantes 500

Publier votre réaction avec votre propre compte

Vos réactions | 0 réactions

Problème de mot de passe

Veuillez saisir votre email