Leïla Slimani brise le tabou de la sexualité au Maroc

Publié le 12.11.2017, 18h25 par La Rédaction | 167 vues | 0 Commentaires

Leïla Slimani brise le tabou de la sexualité au Maroc Leïla Slimani brise le tabou de la sexualité au Maroc

 

En janvier prochain, Leïla Slimani, prix Goncourt 2016 pour « Une chanson douce », sortira un essai moderniste et féministe dans lequel elle dépeint avec finesse la société marocaine. Celle dans laquelle elle a vécue jusqu’à ses 18 ans.

 

« Sexe et mensonges. La vie sexuelle au Maroc » jette d’emblée un pavé dans la mare avec un titre qui revendique la transparence. Il s’agit de dénoncer l’hypocrisie sociétale qui règne autour du tabou de la sexualité dans son pays natal, une démarche dont elle se sent missionnée.

 

A 35 ans, l’écrivaine renommée est allée à la rencontre d’hommes et de femmes pour recueillir des témoignages et mettre en lumière le profond malaise que provoquent les interdits moraux dans le Royaume. Qui mieux qu’une femme de lettres marocaine pouvait s’emparer de cette question épineuse ?

 

Originaire de Rabat, Leïla Slimani trouve des mots justes et percutants pour portraiturer un pays en proie, selon ses termes, à « la schizophrénie ». De ses dires, « les vies réelles, concrètes des Marocains, n’ont rien à voir avec les valeurs et les lois imposées. »

 

Le statut quo entre conservateurs et modernistes subsiste actuellement mais cette situation ne pourra pas durer ad vitam eternam. Les femmes subissent des normes patriarcales qui imposent « une vie sexuelle misérable » aux citoyennes et aux citoyens, explique-t-elle. C’est finalement toute la société qui souffre du problème, les femmes étant placées en première ligne de cette tartufferie généralisée .

 

Cette enquête veut briser l’omerta et donner la parole aux femmes en abordant le problème dans sa complexité. Longtemps accusée de prendre la parole pour les Marocains alors qu’elle vit une double culture, cette auteure déterminée a su gagner une légitimité auprès du public.

 

Ses convictions la portent : « Le changement au Maroc passera par les femmes » assène-t-elle; mais aussi par les artistes qui font bouger les lignes.

 

En 2015, le film Much Loved du réalisateur Nabil Ayouch avait eu un effet coup de poing en évoquant la prostitution et en filigrane la violence faite aux femmes au pays du Couchant.

 

Cette année, c’est le Tunisien Kaouther Ben Hania qui a réalisé « La Belle et la Meute ». Le film relate l’histoire d’un viol collectif policier à l’encontre d’une jeune Tunisienne simplement sortie faire la fête avec ses amies. Tristement inspiré d’une histoire vraie, le long-métrage en 9 séquences dépeint une société répressive et violente envers les femmes. Et cela, dans tous les corps de métier. 

 

Depuis le Printemps arabe de 2011, les artistes maghrébins s’emparent ainsi largement de la problématique des carcans moraux et des violences faites aux femmes. Toutefois, les révolutions citoyennes étouffées laissent aux populations un goût amer.

 

Si pour l’instant les lois ne changent pas, la parole se libère et redonne espoir à l’image de la démarche de Leïla Slimani incarnant une jeunesse marocaine progressiste et engagée dont elle porte brillamment les rêves de changements et de liberté.

 

"Sexe et mensonges. La vie sexuelle au Maroc". Editions des Arènes - (Sortie prévue en janvier)

 

La Rédaction

 

Sources : Telerama et Studio Ciné Live

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