Les Ivoiriens disent oui à la nouvelle Constitution

Publié le 24.11.2016, 17h29 par La Rédaction | 961 vues | 0 Commentaires

Les Ivoiriens disent oui à la nouvelle Constitution Cote d'Ivoire, Constitution, Alassane Ouattara, Référendum

Invités à se prononcer par référendum le 30 octobre dernier, les Ivoiriens ont massivement dit oui à la nouvelle Constitution proposée par le président de la République, Alassane Ouattara. Leur choix est sans appel : 93,42 % de ceux qui se sont rendus aux urnes se sont exprimés en faveur de la nouvelle loi fondamentale, le taux de participation s’établissant à 42,43 %. Les appels au boycott et à la désobéissance publique lancés par l’opposition semblent ainsi avoir eu peu d’incidence sur les électeurs, dont la mobilisation n'a pas été plus faible que d'habitude.

Le taux de participation à la dernière élection présidentielle s'établissait à 54,63 %, et il était d’un niveau équivalent lors du référendum constitutionnel de 2000. À l’époque, seuls 18 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes le premier jour de vote, et il a fallu attendre le deuxième jour pour voir la participation s’élever à 56 %, un taux modeste alors que tous les partis politiques avaient appelé à voter oui.

Pour les promoteurs de la réforme constitutionnelle de cette année, une participation de 42,43 % est ainsi « plus qu’honorable », en particulier si on compare ce taux à celui du référendum constitutionnel au Sénégal en mars 2016. Seuls 38 % des électeurs sénégalais avaient fait le déplacement, et le oui l’avait emporté avec un score certes élevé (62,7 %) mais moins important que celui du peuple ivoirien. « En définitive, nous sommes satisfaits du déroulement du vote, et bien entendu des résultats obtenus », se réjouit le gouvernement qui « tient également à féliciter le peuple de Côte d’Ivoire qui a pris part à cet exercice démocratique déterminant pour l’avenir du pays ».

« La promesse de la Troisième République de Côte d’Ivoire – qui démarre avec cette nouvelle constitution – est une promesse de paix, de stabilité, d’égalité et de modernité pour le pays », a ajouté Alassane Ouattara après avoir officiellement promulgué le nouveau texte le 9 novembre. Le chef de l’État estime qu’avec cette nouvelle Constitution le pays « sera mieux armé » face aux défis « nombreux et pressants » auxquels il doit faire face.

Pour rappel, la nouvelle Constitution crée un poste de vice-président qui doit succéder au président en cas de vacance du pouvoir. Elle acte également la création d’un Sénat au rôle complémentaire de l’Assemblée nationale. Deux tiers des sénateurs seront élus par les grands électeurs (au suffrage universel indirect) et le tiers restant sera nommé par le président de la République afin d’assurer une plus grande représentativité et une pluralité d’opinions dans le processus législatif.

La nouvelle Constitution modifie également les conditions d’éligibilité à la magistrature suprême. Il n’y a plus de limite d’âge pour se présenter et l’âge minimum est abaissé à 35 ans. Le candidat doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine. Fini donc le principe d’« ivoirité » qui a « empoisonné la vie du pays, le poussant au bord de la guerre civile », selon l’actuel président.

Grâce à sa nouvelle loi fondamentale, la Côte d’Ivoire espère consolider la stabilité politique et la prospérité. Après une décennie de conflits meurtriers entre 2002 et 2011 et le souvenir encore frais de la crise postélectorale de 2010, le pays laisse derrière lui ses divisions sanglantes et renoue avec la croissance et le développement. Le référendum du 30 octobre, qui s’est globalement déroulé dans le calme, constitue la preuve que les Ivoiriens ont définitivement tourné la page de la confrontation fratricide. La nouvelle Constitution s’inspire de l’esprit de réconciliation de l’accord de Linas-Marcoussis de 2003 qui était destiné à mettre fin à la guerre civile avec notamment la création d’un gouvernement de « réconciliation nationale ». Celle-ci devrait permettre de mettre en place des institutions cohérentes, fortes, respectueuses de la diversité et protectrices des libertés, selon le souhait et la promesse d’Alassane Ouattara. Voilà qui pourrait donner des idées aux États voisins et faire avancer la démocratie dans la région.

La Rédaction

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