Maroc et cannabis : justice à deux vitesses

Publié le 08.07.2018, 22h09 par La Rédaction | 64 vues | 0 Commentaires

Maroc et cannabis : justice à deux vitesses Maroc et cannabis : justice à deux vitesses


Au Maroc, la culture du kif - résine de cannabis et aussi principal composant du haschisch a été longtemps cultivée dans la région du Rif en toute légalité. 

A partir de 1956, année de l'indépendance du Maroc, cette culture est devenue contraire à la législation en vigueur, posant une problématique sociétale pour les dizaines de milliers de familles vivant de ce commerce. Et pour cause, l'ampleur de la culture du kif dans le Rif marocain est considérable. Selon l'ONU, le Royaume n'est ni plus ni moins que le 1er pays fournisseur européen de cannabis.

Naturellement, la production est passée aux mains des trafiquants localisés pour bonne part en Hollande, où la loi autorise la production des substances hallucinogènes. 

Face au trafic, l'État marocain a envisagé de substituer les champs de kif par des champs de blé pour pallier le manque à gagner des producteurs en infraction. Le problème reste que le blé à un rendement dix fois inférieur à celui du kif pour la même surface. 

Voyant cela, "le PAM (parti de l'authenticité et de la modernité) a déposé en 2015 une proposition de loi au parlement pour légaliser la production de kif à usage médical et industriel", explique Tahar Ben Jelloun, un intellectuel de renom spécialiste des questions liées aux pays musulmans. Mais la proposition a été rejetée par les autorités car elle risquait de mettre le feu aux poudres dans une région propice à la rébellion.

Par ailleurs, les trafiquants de drogue ont un lobby puissant qui a fait penché la balance en défaveur de ladite législation. Une autorisation du kif occasionnerait en effet un bouleversement considérable de leur système. 

Au final, aucune autre solution plus pertinente n'a été trouvée par l'État marocain. Les petits producteurs de kif poursuivent donc dans l'ombre leur travail illégal pour faire vivre leurs familles et collaborent avec les narco-trafiquants qui, eux, s'en lavent les mains et en tirent un juteux profit auprès de la jeunesse du Vieux Continent.

La Rédaction

Source: le 1 

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