Tunisie : la loi sur le racisme a-t-elle des résultats ?

Publié le 31.03.2019, 21h12 par La Rédaction | 46 vues | 0 Commentaires

Tunisie : la loi sur le racisme a-t-elle des résultats ? Racisme


Si le Parlement tunisien a adopté en octobre dernier une loi contre le racisme, les effets se font néanmoins encore attendre sur le territoire.

Tout avait si bien commencé. Cette avancée législative attendue de longue date, avait en effet largement satisfait l'opinion publique, à l'image des associations militant en faveur des minorités.

Concrètement, le pays avait dû attendre près de deux siècles pour que le racisme commence réellement à intéresser les pouvoirs judiciaire et étatique. Ce que n'avait pas manqué de surligner le président du Forum national pour les droit économiques et sociaux.

"C'est un tournant très important dans l'histoire de la Tunisie, équivalent à l'abolition de l'esclavage (en 1846)."

Et pour cause, le texte sanctionnait* pour la première les propos racistes, mais aussi l'incitation à la haine et les discriminations. Mais qu'en est-il six mois plus tard ?

Selon le site Web Manager Center, "d'importants pas ont été franchis depuis cette date" :

"Pour preuve, pour la première fois, dans son histoire, la justice tunisienne a prononcé un jugement condamnant un acte raciste en application de la loi fondamentale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Ainsi, un tribunal de première instance à Sfax a condamné à trois mois de prison avec sursis une femme qui avait insulté l’instituteur de sa fille en termes racistes."

Toutefois, il est encore trop tôt pour crier victoire, poursuit le média :

"(Dans les faits), la discrimination persiste vis-à-vis des Africains de couleur noire. (A titre d'exemple), l’ONG «Tunisie terre d’exode et de refuge» annonce avoir enregistré 410 plaintes en 2018 de la part de résidents africains. Et cela, rien que pour mauvais traitements. (Sachant) que le quart de ses cas a été notifié dans la région de Sfax. 

... Faits divers à l'appui :

Mention spéciale pour trois cas dramatiques : le meurtre, en décembre 2018, à l’Ariana, du président de l’Association des Ivoiriens en Tunisie, Falikou Koulibaly, la mort tragique, à Sfax, d’un ouvrier ivoirien d’épuisement, de mauvaises conditions de vie et de surexploitation au travail, et le marché honteux des femmes de ménage d’Afrique subsaharienne travaillant essentiellement chez les familles tunisiennes aisées du pays, lequel marché peut être assimilé «à un véritable régime de traite."

A suivre donc...

*Peines pouvant aller jusqu'à 1000 dinars et un an d'emprisonnement. "L'incitation à la haine", les "menaces racistes", la "diffusion" et "l'apologie du racisme" ainsi que la "création" ou la "participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations" sont quant à elles punies de un à trois ans de prison, et jusqu'à 3000 dinars d'amende.

La Rédaction
 
Crédit photo : Wikipédia
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