L’association tunisienne Shams luttant contre l’homophobie va pouvoir reprendre ses activités

Publié le 25.02.2016, 19h21 par La Rédaction | 37 vues | 0 Commentaires

L’association tunisienne Shams luttant contre l’homophobie va pouvoir reprendre ses activités L'association tunisienne Shams va pouvoir reprendre ses activité

 

La structure, qui lutte pour la dépénalisation de l’homosexualité dans le pays, avait été suspendue de toute activité locale au mois de janvier par la justice. Cependant, après un rude combat judiciaire, Shams peut à nouveau exercer normalement a déclaré, ce jour, le porte-parole du parquet de Tunis, Kamel Barbouche.

« Il n’y a plus d’entrave légale à ses activités » a-t-il ajouté. Les membres de l’association ont réagi dans la foulée en saluant l’indépendance de la justice tunisienne.

Pour rappel, cette dernière était visée par deux procédures, l’une au pénal pour attentat à la pudeur et incitation à la débauche, et l’autre sur un plan purement administratif, où c’est la légalité de son statut qui était remise en cause.

Suite à une plainte du gouvernement, la justice avait alors suspendu ses activités pendant 30 jours afin de statuer sur sa dissolution. Toute action publique de la structure était donc impossible tant que l'organe judiciaire n’avait pas tranché sur cette dernière problématique. Et une association qui ne peut pas s’exprimer publiquement se retrouve, de ce fait, pieds et mains liés regrettait son président, Yadh Krendel.

Celui-ci ne cachait d’ailleurs pas son dépit au moment d’évoquer la difficulté de mener ce combat contre l’homophobie ; une lutte que le gouvernement ne tolère pas : « Tout cela est malheureux sachant que l’association reçoit tous les jours des dizaines d'appels à l'aide d'homosexuels et de transsexuels exclus par leurs familles, harcelés dans la rue, victimes de violences physiques et au bord du suicide. »

Ce dernier évoquait également un climat de violence et d’insécurité planant sur la tête des militants : « Notre local a été attaqué plusieurs fois par des inconnus, sa porte a été forcée. Des imams appellent au meurtre de nos membres. L'un des nôtres, Bouhdid Belhadi, est même forcé de vivre à l‘intérieur de l’enceinte. »

Mais ce n’est tout rajoutait-t-il avec tristesse : « Notre vice-président, Ahmed Ben Amor, a été agressé au couteau par son père puis expulsé de chez lui. Dernièrement, après une agression, il a été violenté et a subi des attouchements sexuels de la part de policiers lorsqu'il a porté plainte. Quand il a voulu faire constater cela par un médecin, celle-ci a ordonné, dans une lettre, de lui faire subir un test anal. » Troublant, en effet…

« L’examen de la honte »

Shams s’était notamment fait connaître en septembre 2015 en dénonçant la détention arbitraire d’un jeune tunisien suspecté d’être homosexuel. Et pour prouver la culpabilité du prévenu, la justice ne recula devant rien, puisque l’étudiant avait subi un test anal  afin « de vérifier si ce dernier était habitué à avoir des relations sexuelles avec des hommes » précisait alors le communiqué de l’association.  Pour celle-ci, il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une atteinte manifeste aux libertés individuelles via « un examen de la honte ».

Shams appela alors fermement les autorités tunisiennes « au respect de la dignité humaine » (comme l’article 23 de la  constitution tunisienne le consacre) et encouragea vivement la population à rejoindre le mouvement. Ce n’est qu’elle n’a jamais cessé de faire depuis.

La Rédaction

Sources : L’Express et Jeune Afrique

 

 

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