Tunisie : les autorités exigent un test anal pour prouver l’homosexualité d’un étudiant

Publié le 19.09.2015, 16h01 par La Rédaction | 534 vues | 0 Commentaires

Tunisie : les autorités exigent un test anal pour prouver l’homosexualité d’un étudiant Les autorités tunisiennes exigent un test anal pour prouver l’homosexualité d’un étudiant

L’association Shams luttant pour la dépénalisation de l’homosexualité dans le pays mène une campagne contre les « tests de la honte ». Les autorités locales cherchent à prouver l’homosexualité d’un étudiant de 22 ans par le biais d’une procédure plus que fallacieuse relate le Huffington Post Maghreb.

Le jeune homme est actuellement en détention et risque une peine d’emprisonnement en vertu de l’article 230 du code pénal tunisien qui condamne les pratiques homosexuelles. Et pour prouver la culpabilité du prévenu, la justice ne recule devant rien, puisque l’étudiant aurait subi un test anal  afin « de vérifier si ce dernier est habitué à avoir des relations sexuelles avec des hommes » précise un communiqué de l’association.

Pour cette dernière, il ne s’agit ni plus ni moins, que d'une atteinte manifeste aux libertés individuelles et « un examen de la honte ». Shams appelle fermement les autorités tunisiennes « au respect de la dignité humaine » (comme l’article 23 de la  Constitution tunisienne le consacre) et encourage vivement la population à rejoindre le mouvement.

Un acte de torture selon le droit international

La justice locale aurait outrepassé ses prérogatives comme l’atteste, Wahid Ferchichi, juriste et président de l'Association pour la défense des libertés individuelles : « Aucune disposition de la législation n’autorise ce test, mais le juge l’utilise comme un moyen de preuve pour faire appliquer l’article 230 du Code pénal. » Ce dernier rajoute d’ailleurs que « le consentement de l’accusé devrait être requis pour ce type d’examen mais dans les faits, le suspect est mis sous pression. Son refus est retenu contre lui comme une présomption de culpabilité. »

L’affaire pourrait donc rapidement traverser les frontières tunisiennes. Hend Khechine, membre de l’Organisation mondiale contre la torture et sollicité par le Huffpost Tunisie, ne mâche pas ses mots pour qualifier la situation de jeune homme : « Ce genre d'examen médical est un acte de torture selon la définition du droit international (…) Un acte causé par un agent public entraînant douleurs physiques et mentales pour le prévenu. »

Mathieu Portogallo

 

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