Tunisie : l'instance Vérité et dignité rendra-t-elle justice aux victimes de la dictature ?

Publié le 15.06.2016, 17h21 par La Rédaction | 53 vues | 0 Commentaires

Tunisie : l'instance Vérité et dignité rendra-t-elle justice aux victimes de la dictature ? Tunisie : dernier jour pour déposer un dossier contre les crimes de la dictature

Les victimes de la dictature de Ben Ali et du régime d'Habib Bourguiba étaient appelées à déposer un dossier auprès de l’instance Vérité et dignité avant le jeudi 16 juin. Cette structure est chargée d'enquêter sur les crimes et les violations des droits de l’homme ainsi que les droits économiques et sociaux commis entre 1955 et 2013 en Tunisie.

65 000 dossiers ont ainsi été transmis à l'institution, mais cette dernière ne bénéficie néanmoins que de deux années encore pour pouvoir les traiter dans leur globalité.

Si le temps presse, Sihem Ben Sedrine, sa présidente, tient toutefois un discours d'apaisement en soutenant que l'ensemble des griefs seront examinés avant la dead line étatique : « Le bombardement n’a jamais cessé de la part de ceux qui ne souhaitent pas que ce processus existe et qu’il y ait une confrontation par rapport à ce passé. Nous recherchons les crimes de système, pas des règlements de compte à des individus en particulier », tempère-t-elle.

Les plaignants, quant à eux, appartiennent à l'ensemble du paysage politique (militants de gauche, islamistes ou encore syndicalistes) sachant que plus de 13 000 recours ont été déposés par des femmes.

Les autorités tunisiennes peu coopératives

Parallèlement, cette quête de justice n'est guère facilitée par le discours des principaux partis politiques locaux qui préfèrent botter en touche plutôt que soutenir une exigence de vérité. Une situation que la population tunisienne condamne fermement, à l'image de Sofien Farhani qui a perdu son frère en 2011, abattu par un agent des forces de l'ordre : « On la connaît la vérité, nous, en tant que famille de martyr mais concernant le peuple tunisien, il faut se battre », fustige-t-il.

Et pour cause, le gouvernement prépare actuellement un projet de loi pour amnistier des coupables de corruption s’ils payent une indemnité à l’État... Un exemple parmi d'autres d'hérésie pure et simple d'un système à "deux vitesses", comme le souligne Antonio Manganella, membre d’Avocat sans frontières : « Donner un blanc-seing et une amnistie générale aux hauts fonctionnaires qui ont contribué à ce que la Tunisie soit une dictature, pour nous, est incompréhensible ! »

La Rédaction

Source : RFI

 

 

 

 

 

 

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