Tunisie : Shams va-t-elle être dissoute ?

Publié le 14.01.2016, 17h37 par La Rédaction | 59 vues | 0 Commentaires

Tunisie : Shams va-t-elle être dissoute ? L'association tunisienne Shams sous le coup d'une procédure de dissolution

 

L’association qui lutte pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie a été suspendue de toute activité locale annonce son président, Yadh Krendel.  

Maghrebnaute avait déjà réalisé mi-septembre un article sur cette structure dont la campagne contre les tests anaux de la honte avait atteint les plus hautes sphères de l’Etat tunisien. Les autorités cherchaient alors à prouver l’homosexualité d’un étudiant de 22 ans par le biais de cette procédure plus que fallacieuse afin de l’inculper en vertu de l’article 230 du code pénal.

Aujourd’hui, ce combat semble être une réelle menace pour le gouvernement puisque l’association « qui reçoit tous les jours des dizaines d'appels à l'aide d'homosexuels et de transsexuels exclus par leurs familles, harcelés dans la rue, victimes de violences physiques et au bord du suicide » selon Y.Krendel, est actuellement sous le coup d’une procédure de dissolution. Il s’agit ainsi du troisième recours mené en ce sens par Tunis depuis le 18 mai 2015, date à laquelle Shams a pu commencer « à exercer » légalement son activité.

Ce dernier ne peut cacher son inquiétude : « Notre local a été attaqué plusieurs fois par des inconnus, sa porte a été forcée. Des imams appellent au meurtre de nos membres. L'un des nôtres, Bouhdid Belhadi, est même forcé de vivre à l‘intérieur de l’enceinte. »

Mais ce n’est tout rajoute-t-il avec grand dépit : « Notre vice-président, Ahmed Ben Amor, a été agressé au couteau par son père puis expulsé de chez lui. Dernièrement, après une agression, il a été violenté et a subi des attouchements sexuels de la part de policiers lorsqu'il a porté plainte. Quand il a voulu faire constater cela par un médecin, celle-ci a ordonné, dans une lettre, de lui faire subir un test anal. » Troublant, en effet…

Seul objectif pour les autorités : la dissolution

L’association est actuellement visée par deux procédures, l’une au pénal pour attentat à la pudeur et incitation à la débauche, et l’autre sur un plan purement administratif, où c’est la légalité de son statut qui est remise en cause.

Toute action publique de la structure est donc rendue impossible tant que la justice n’aura pas tranché sur cette dernière problématique. Et une association qui ne peut pas s’exprimer publiquement se retrouve, de ce fait, pieds et mains liés regrette son président.

Plus inquiétant encore, ce marasme judiciaire a pris une place de choix au centre des débats de l’hémicycle puisque l'ancien ministre, Abdellatif El Mekki affilié au mouvement islamiste Ennahdha, a proposé récemment devant le parlement tunisien la dissolution pure et simple de Shams. Ce dernier considère en effet que « les homosexuels sont utilisés comme instruments de torture contre les prisonniers politiques dans les prisons » ; un argument digne d’un autre temps…

La Rédaction

Source : L’Express

 

 

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