Le Tunisien Zoubeir Jlassi a remporté le Google AI Film Award au 1 Billion Followers Summit (Dubaï, 9–11 janvier 2026) avec son court-métrage « Lily ». D’une durée d’environ neuf minutes, ce film suit le parcours d’un archiviste hanté par une poupée liée à un accident dont il est responsable. Sa victoire, face à des milliers de candidatures venues du monde entier, constitue une reconnaissance des compétences technologiques tunisiennes car le jeune homme a été formé au pays.
Dubaï (Emirats Arabes Unis) a accueilli, du 9 au 11 janvier 2026, la quatrième édition du 1 Billion Followers Summit, rendez-vous mondial des créateurs de contenus numériques, placé cette année sous le thème « Content for Good ». Le prix principal de cet événement, l’AI Film Award, consacré aux films intégrant l’intelligence artificielle, a été décerné cette année au Tunisien Zoubeir Jlassi pour son court-métrage « Lily ».
Zoubeir Jlassi s’en sort parmi 3 500 candidatures
« Lily » a d’abord été sélectionné parmi près de 3 500 candidatures issues de plus de 110 pays, pour faire partie des finalistes. Par la suite, le film a dû franchir plusieurs étapes, dont la dernière, la projection des finalistes, a eu lieu le 10 janvier 2026. C’est lors de cette séance qu’un jury international et des figures de l’industrie créative et technologique ont porté leur choix sur l’œuvre de Zoubeir Jlassi face à onze autres toujours en course. Le réalisateur tunisien remporte au passage un million de dollars, soit près de 3 millions de dinars tunisiens.
Zoubeir Jlassi a utilisé différents outils d’IA
Le règlement du concours imposait une contrainte technique. Il fallait qu’au moins 70 % du film soit produit par des outils d’intelligence artificielle, principalement issus de l’écosystème Google, qui finance le prix. Pour le vérifier, le jury disposait de systèmes capables d’analyser le niveau réel d’intégration de l’intelligence artificielle dans chaque œuvre. Dans le cadre de la réalisation de Lily, Zoubeir Jlassi a utilisé Gemini comme plateforme centrale d’IA multimodale, Veo pour la génération de séquences vidéo, Imagen pour la création d’images à partir de descriptions textuelles, et Flow pour l’animation et la génération de scènes dynamiques.
Lily salué pour la maîtrise du storytelling dans un cadre technologique innovant
Ces différents outils ont permis à Zoubeir Jlassi de créer les décors, les ambiances visuelles, les transitions et une grande partie des séquences narratives. Lilly ne s’est pas distingué uniquement par l’usage intelligent des outils d’IA. Le jury salue aussi la maîtrise du storytelling dans un cadre technologique innovant. Globalement, il salue l’équilibre entre sobriété visuelle, atmosphère marquée et utilisation dosée de l’IA, perçue comme un outil au service d’un récit centré sur l’humain. D’une durée d’environ neuf minutes, Lily suit le parcours d’un archiviste hanté par une poupée liée à un accident dont il est responsable. Il explore l’innocence, la mémoire et les liens humains.
L’intelligence artificielle redéfinit le cinéma
Lily aurait été réalisé en environ un mois, un délai particulièrement court comparé aux projets cinématographiques traditionnels, qui mettent plusieurs mois voire années, quoi qu’il s’agisse d’un film de neuf minutes. Ce court-métrage témoigne des avantages qu’offre l’intelligence artificielle dans le cinéma. À savoir un gain de temps et une réduction des coûts de production, puisqu’il n’y a pas besoin de recourir aux moyens traditionnels de tournage (caméras, perches, costumes, décors etc.) et de mobiliser des créatifs pour la post-production. Toutefois, côté qualité, il y a beaucoup à dire…
Zoubeir Jlassi fait la fierté de la Tunisie
Notons que la victoire de Zoubeir Jlassi est aussi celle de la Tunisie. En effet, le réalisateur a été formé au pays. Il est diplômé de l’École supérieure des Sciences et Technologies du Design (ESSTED), située à Den Den, dans la banlieue de Tunis. Le jeune homme y a obtenu en 2009 un diplôme national des métiers d’arts et du design.
Zoubeir Jlassi occupe actuellement le poste de directeur artistique de Carthage+ TV, une chaîne de télévision généraliste privée tunisienne destinée au public arabophone. Son prix est d’autant une fierté pour la Tunisie qu’elle récompense ses formations et compétences technologiques face à des mastodontes comme la Chine, qui s’est spécialisée dans les court-métrages générés par l’intelligence artificielle.



