Début février, le président américain Donald Trump a renforcé l’embargo US sur Cuba, en vigueur depuis 1962, en faisant pression sur d’autres pays pour qu’ils cessent d’envoyer du pétrole à l’île communiste. Il a ensuite appelé La Havane à conclure un accord avec les États-Unis pour desserrer l’étau. Mais le ministre cubain des Affaires étrangères a déclaré lundi que son pays ne se laissera pas faire, même avec le risque d’une « catastrophe humanitaire ».
Début février, Donald Trump a décrété qu’il n’y aurait plus une seule goutte de pétrole pour Cuba, comme s’il lui appartenait de décider du sort d’un pays et des relations internationales. Le président américain a interdit à quiconque d’envoyer du pétrole à l’île communiste, sous peine de subir de violentes sanctions, comme ses fameux droits de douane supplémentaires. Pour ne pas fâcher l’Oncle Sam, le Mexique et l’Espagne se contentent d’expédier une aide alimentaire. De leurs côtés, la Russie et la Chine, alliées historiques de la Havane, se limitent à leur rhétorique habituelle qui consiste à condamner et à faire de timides promesses. Quant au principal fournisseur de Cuba, le Venezuela, il a été interdit d’exporter son pétrole sans l’aval de Washington, depuis le rapt de Nicolas Maduro.
Des coupures d’électricité et une économie au ralenti
A cause du blocus maritime imposé par les Etats-Unis, les Cubains sont confrontés à d’importantes pénuries de carburant et à des coupures d’électricité. Faute d’électricité, de nombreuses opérations chirurgicales non urgentes sont reportées, le transport des produits des marchandises et des personnes est devenu difficile et les compagnies aériennes ont annulé plusieurs vols. Cette crise énergétique impacte logiquement le tourisme, l’une des principales sources de revenus du pays, soumis à l’embargo américain depuis 1962. « Cuba est actuellement une nation en faillite », s’est cyniquement réjoui le président américain Donald Trump. Sa stratégie consiste à laisser l’île sombrer peu à peu pour provoquer une chute du régime, à défaut de pouvoir l’attaquer militairement (la cuisante défaite de la baie des cochons est encore dans les mémoires).
Le petit Cuba représenterait une menace pour la super-puissance américaine
Comme d’habitude, Donald Trump accuse Cuba de représenter une « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale des Etats-Unis. C’est ahurissant d’entendre de tels propos de la part du président du pays qui a le plus agressé les autres nations dans le monde. Et cela est d’autant pathétique qu’on ne connaît aucune guerre ou opération de déstabilisation menée par une île tranquille comme Cuba, qui ne veut que le respect mutuel. C’est le droit des Cubains de choisir le communisme comme système politique. Malheureusement, les Etats-Unis, représentant du capitalisme, ne supportent pas qu’on leur résiste.
« Une punition collective impitoyable infligée au peuple cubain »
« Cuba n’est pas le pays qui applique la doctrine Monroe en matière de sécurité nationale et de défense nationale dans un but de domination, ni celui qui déploie des forces militaires et viole la souveraineté et l’intégrité territoriale d’autres États », a justement rappelé le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla devant la Conférence sur le désarmement à Genève. Il a dénoncé « un blocus énergétique » qui risque de « provoquer une catastrophe humanitaire en utilisant comme prétexte l’affirmation absurde que Cuba constituerait une menace inhabituelle et extraordinaire pour leur sécurité nationale ». Bruno Rodriguez pointe une « escalade agressive », « criminelle et illégale », ainsi qu’« une punition collective impitoyable infligée au peuple cubain ».
Cuba attendra, Donald Trump se concentre d’abord sur l’Iran
Mais Cuba n’est « pas prêt à céder aux menaces ni à renoncer à (son) autodétermination », a précisé Bruno Rodriguez Parrilla. Il ajoute que son pays n’attaque personne, mais qu’il « défendra fermement sa souveraineté et son indépendance ». S’il appelle la communauté internationale à la solidarité, le diplomate assure que Cuba, déjà habitué aux embargos américains, fera tout pour empêcher « une crise humanitaire, même si cela nous coûtera cher en épreuves et en souffrances ». A la Havane, on redoute toutefois que les Etats-Unis reproduisent le scénario vénézuélien, en renversant le président en place pour placer un dirigeant plus favorable à leurs intérêts. Pour l’heure, Washington est préoccupé à encercler l’Iran.



