Après l’intervention militaire américaine au Venezuela et l’arrestation de Nicolas Maduro, Donald Trump a menacé de s’en prendre à l’Iran si le régime des mollahs continuait à réprimer les manifestants iraniens. Ceux-ci sont dans la rue depuis plus d’une semaine pour protester contre la crise monétaire et l’inflation galopante. L’armée iranienne a prévenu qu’elle riposterait avec sévérité si les États-Unis commettaient l’erreur de frapper. Mais les dirigeants de Téhéran sont gagnés par l’inquiétude après avoir vu ce dont a été capable l’armée américain à Caracas.
Après plusieurs semaines d’intimidation, via le déploiement de navires de guerre et des frappes sur des bateaux supposés appartenir à des narcotrafiquants, les États-Unis ont finalement capturé Nicolas Maduro le samedi 3 janvier, au cours d’une opération commando qui n’a pas duré plus de 30 minutes. Le président vénézuélien a été ramené à New-York comme un trophée de guerre. Son procès pour narcotrafic doit débuter en avril prochain après une première audience de comparution devant un juge new-yorkais le lundi 5 janvier. La veille, au cours d’un point de presse, Donald Trump a avoué son véritable but : mettre la main sur le pétrole du Venezuela, qui possède les plus grandes réserves au monde. Il a promis d’ouvrir les vannes aux majors américains, partis du pays depuis 2008 après un projet de nationalisation de l’ex de Hugo Chavez.
L’Iran secoué par une contestation violente depuis fin décembre
À peine Nicolas Maduro déposé, le président américain s’en est pris à un autre ennemi : l’Iran. « Nous regardons cela de très près. S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront frappés très durement par les États-Unis », a-t-il prévenu dimanche. Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran est secoué par des manifestations, lancées par des commerçants du Grand Bazar de Téhéran, dans le cœur de la capitale.
Les Iraniens protestent contre les politiques économiques de leurs dirigeants, ayant entraîné une crise monétaire et une inflation galopante. Les affrontements avec la police ont déjà fait une trentaine de morts et un millier d’arrestations. Un agent des forces de l’ordre a également été poignardé à mort. Les revendications économiques sont désormais politiques car les manifestants réclament la fin du régime des mollahs.
Les États-Unis et Israël aux côtés des manifestants
Sans surprise, les autorités de Téhéran soupçonnent les Américains d’être derrière le soulèvement populaire ou au moins de le nourrir. Des accusations rejetés par Washington qui parle d’une révolte du peuple iranien contre ses dirigeants. Comme on s’y attendait, Israël, ennemi juré de l’Iran et allié indéfectible des États-Unis, soutient les contestations en cours.
Dimanche, Benjamin Netanyahou a dit être « solidaire du combat du peuple iranien, de ses aspirations à la liberté (…) et à la justice ». L’ancien Premier ministre israélien et désormais chef de l’opposition à la Knesset, Yair Lapid, a lui appelé Téhéran « à surveiller de près les développements à Caracas ». Une déclaration qui sonne comme un avertissement avant un passage à l’acte.
Le président Massoud Pezeshkian prie l’armée iranien d’épargner les manifestants
À la suite des menaces de Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé, mercredi 7 janvier, les forces de l’ordre à ne prendre « aucune mesure » à l’encontre des manifestants, comme s’il voulait éviter de fâcher le président américain. Le « porte étendard » de la République islamique fait toutefois une claire distinction entre « les émeutiers » : ceux qui protestent normalement et ceux qui portent des armes à feu, des couteaux et des machettes et qui attaquent des commissariats et sites militaires. De son côté, le chef des Armées iraniennes, le général Amir Hatami, cité par l’agence Fars, a prévenu que « si l’ennemi commettait une erreur », l’Iran riposterait « avec plus de fermeté » que lors de la guerre des 12 jours en juin contre Israël et les États-Unis.
Les États-Unis ont participé à la guerre de 12 jours entre l’Iran et Israël
En juin 2025, Israël a déclenché une attaque sans précédent contre des installations militaires et nucléaires iraniennes pour, dit-il, stopper le programme nucléaire de Téhéran. Tsahal avait réussi à éliminer une dizaine de hauts responsables du pouvoir iranien, des hauts gradés et des scientifiques. Le guide suprême Ali Khamenei a même dû se cacher pendant plusieurs jours pour échapper aux frappes israéliennes. Les Gardiens de la Révolution ont répliqué avec des salves de missiles lancées sur Israël, détruisant quelques bâtiments militaires et civils.
De leurs côtés, les États-Unis ont brièvement pris part à l’offensive de leurs alliés israéliens, en frappant trois importants sites nucléaires iraniens. En représailles, l’Iran a attaqué la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, au Qatar, sans faire de victimes, seulement des dégâts matériels. Juste assez pour ne pas provoquer une réponse sévère de la part des États-Unis, tout en lavant l’affront aux yeux de son peuple.
L’Iran, un plus gros morceau que le Venezuela
Avec la chute de Nicolas Maduro, les dirigeants iraniens savent désormais que les États-Unis sont capables de tout. Ils peuvent punir n’importe quel pays non nucléaire du sud global sans que la Russie, le protecteur autoproclamé de cette zone, ne lève le petit doigt. Au-delà de la propagande, le pouvoir de Téhéran prend très au sérieux les menaces de Donald Trump tellement qu’il se serait déjà mis à la recherche d’un successeur à l’ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier, âgé de 86 ans, aurait même planifié sa fuite avec son cercle proche d’une vingtaine de personnes.
Mais nous sommes encore loin d’une intervention militaire américaine en Iran. Ce pays est un plus gros morceau par rapport au Venezuela. Aussi, les États-Unis n’ont aucun intérêt à le déstabiliser car cela pourrait entraîner un chaos dans la région. Ils pourraient simplement éliminer les têtes pensantes du régime, au premier rang desquelles figure Ali Khamenei. Ou attendre sagement qu’il casse la pipe…


