En Mauritanie, près de la moitié de la population n’a pas accès à l’électricité. Pour résoudre le problème, le gouvernement souhaite développer davantage les énergies renouvelables, dont la part devrait croître continuellement dans le mix énergétique national. Il mise en particulier sur le solaire et l’éolien, des ressources qui doivent compléter la production issue du thermique et du gaz.
En Mauritanie, près de la moitié de la population n’a pas accès à l’électricité, une ressource pourtant essentielle au quotidien, ne serait-ce que pour réviser ses cours la nuit tombée. Pour améliorer la situation de ses citoyens, Nouakchott a récemment mis en œuvre une stratégie ambitieuse visant à assurer un accès universel à l’électricité d’ici à 2030. Cette stratégie repose sur une mobilisation simultanée des ressources naturelles aussi bien fossiles que renouvelables. Parmi lesquelles le gaz naturel produit localement, le solaire, l’éolien et l’hydrogène.
La Mauritanie a déjà construit plusieurs centrales solaires et éoliennes
Priorité des priorités, le gouvernement mauritanien va accorder une place prépondérante aux énergies renouvelables pour renforcer l’offre électrique. Il a déjà construit plusieurs centrales de production, dont trois centrales solaires d’une capacité de 70 MW et deux centrales éoliennes d’une capacité de 130 MW.
La Mauritanie a également lancé en décembre dernier la construction d’un site hybride solaire et éolien de 220 MW intégrant un système de stockage de 370 MWh. Entièrement financé par le secteur privé, ce projet s’ajoutera à une capacité renouvelable représentant déjà 44,36 % du mix énergétique du pays. À terme, les autorités souhaitent atteindre les 70 % du mix de production et une multiplication par 1,66 de la capacité installée à l’horizon 2030.
Des conditions très favorables à la production d’énergie solaire et éolienne
La Mauritanie peut largement atteindre son objectif concernant le solaire et l’éolien. En effet le pays bénéficie d’un potentiel solaire exceptionnel en raison de son climat désertique, qui permet une production photovoltaïque estimée à 2000 kWh par km2 par an. Pour l’énergie éolienne, la force du vent atteint en moyenne environ 9 m par seconde dans la plupart des régions du pays. Ce qui fait de la Mauritanie un territoire idéal pour l’installation de parcs éoliens. En combinant l’énergie solaire et éolienne, elle pourrait produire jusqu’à 4000 GW par an d’énergie renouvelable.
L’hydrogène vert et bleu ont leur place dans le mix énergétique mauritanien
Pour répondre à la demande croissante d’énergie de sa population, la Mauritanie peut également compter sur l’hydrogène vert et bleu. L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau, en utilisant de l’électricité générée à partir d’énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien. Quant à l’hydrogène bleu, il est produit à partir de gaz naturel avec captage et stockage du CO2.
Toutes ces ressources permettent de stocker l’énergie excédentaire, de fournir de l’électricité propre et durable et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Notons que tous ces projets de développement des énergies renouvelables se font en collaboration avec des partenaires internationaux, comme la Banque africaine de développement (BAD), via l’Initiative Desert to Power qui vise à exploiter le potentiel solaire de onze pays du Sahel.
La Mauritanie explore également le « Gas to Power »
Outre les énergies renouvelables, la Mauritanie explore également le « Gas to Power », qui consiste à convertir le gaz naturel en électricité. Le pays possède des réserves de gaz naturel offshore considérables. La matière première est donc là en abondance. Deux projets majeurs sont déjà lancés, l’un à Ndiago (une centrale de 225 MW alimentée par le gaz du champ GTA déjà en production), et l’autre à Banda (300 MW), où l’exploitation du champ de gaz doit démarrer en 2028.
L’Etat n’oublie pas l’énergie thermique
Si le gouvernement mise énormément sur les énergies renouvelables et fossiles, il ne délaisse pas pour autant le thermique. Les autorités ont entrepris des travaux d’extension de la centrale thermique de Nouakchott, qui devrait passer de 180 MW à 252 MW. Elles ont aussi lancé un programme ambitieux pour la mise en place d’un réseau national haute tension. Celui-ci permettra de transporter l’électricité sur de longues distances depuis les sites de production vers les zones de consommation. Une première ligne reliant Nouakchott et Nouadhibou a été inauguré récemment.
La Mauritanie veut atteindre une couverture électrique de 100% d’ici 2030
Enfin, le gouvernement a annoncé la restructuration de la société nationale de l’électricité pour améliorer son efficacité et sa compétitivité. Ces projets d’envergure s’imposent dans le contexte de croissance continue de la demande électrique en Mauritanie. Aussi, ils s’inscrivent dans le cadre des engagements du pouvoir, contenus dans le Pacte National de l’énergie.
L’Etat veut fournir l’accès à l’électricité à 3,4 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, afin d’atteindre un taux d’accès national de 100 %, contre 55 % actuellement. Cette couverture totale est nécessaire pour améliorer la qualité de vie de la population, en facilitant l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable et à de meilleures opportunités économiques.



