En Libye, le gouvernement de Tripoli a récemment signé un accord de 20 milliards de dollars avec les compagnies française TotalEnergies et américaine ConocoPhillips. D’une durée de 25 ans, ce contrat vise à développer la production de pétrole du groupe national Waha Oil Company jusqu’à 850 000 barils par jour. Grâce à ce projet, le pays pourrait engranger 370 milliards de dollars de recettes et marquer son retour comme acteur énergétique majeur.
Le samedi 24 janvier, la Libye a annoncé la signature d’un accord pétrolier de plus de 20 milliards de dollars pour une durée de 25 ans avec les groupes énergétiques français TotalEnergies et américain ConocoPhillips. Ce contrat XXL doit permettre de relancer le développement des réserves pétrolières et gazières du pays. Il a été dévoilé à l’ouverture du sommet libyen de l’énergie et de l’économie à Tripoli, en présence du conseiller pour le Moyen-Orient du président américain Donald Trump, Massad Boulos, ainsi que d’autres responsables, notamment turcs et égyptiens.
La Libye possède les réserves pétrolières les plus importantes du continent africain
Massad Boulos a décrit ce sommet de l’énergie comme « une occasion de devenir un partenaire économique de premier plan des États-Unis » et comme « une rampe de lancement potentielle pour le retour de la Libye en tant que superpuissance énergétique mondiale ». Cette ambition est largement à portée de main au vu des ressources du pays. En effet, la Libye possède les réserves pétrolières les plus importantes du continent africain, évaluées à 48,4 milliards de baril. Malheureusement, le secteur pétrolier libyen est confronté à d’importants défis, en particulier en matière de sécurité.
Depuis l’intervention de l’OTAN en 2011 pour renverser et tuer le Colonel Mouammar Kadhafi, en soutien à une révolte populaire, la Libye est en déliquescence. Il est divisé et géré par deux exécutifs : le gouvernement d’unité nationale (GNU) installé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, et le pouvoir de Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et sa famille. Au vu du chaos actuel, on en vient presque à regretter le Guide de la Jamahiriya libyen, sous le règne duquel le pays se portait plutôt bien économiquement, grâce aux revenus du pétrole.
Un accord pour doubler la capacité de production de la compagnie nationale
Le contrat signé avec TotalEnergies et ConocoPhillips samedi 24 janvier vise à relancer ce secteur pétrolier. Il prévoit des investissements étrangers massifs via Waha Oil Company, filiale de la National Oil Corporation (NOC), la société pétrolière nationale libyenne. L’accord doit porter la capacité de production de la compagnie nationale à environ 850 000 barils par jour, contre 400 000 barils aujourd’hui.
Selon le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, l’accord générerait plus de 370 milliards de dollars de recettes sur 25 ans (d’ici 2050). On ne connait pas encore la répartition précise des revenus entre les parties prenantes. Mais c’est une manne substantielle que Tripoli s’apprête à partager. Pourvu que le partage soit équitable…
La Libye veut relancer progressivement les activités d’exploration et se rouvrir aux investisseurs étrangers
L’accord avec les majors représente une bonne nouvelle pour un pays dépendant fortement des revenus des hydrocarbures. En 2023, le pétrole et le gaz représentaient 60 % du PIB, 94 % des exportations et 97 % des recettes publiques. Notons que le contrat annoncé avec TotalEnergies et ConocoPhillips s’inscrit dans une phase de réorganisation plus large du secteur pétrolier libyen de la part du gouvernement de Tripoli.
Abdelhamid Dbeibah et les siens souhaitent relancer progressivement les activités d’exploration et rouvrir le pays aux investisseurs étrangers. Le premier ministre a déjà évoqué un prochain accord avec le géant américain Chevron, portant sur l’exploration et le développement de la production, ainsi qu’un accord distinct avec l’Égypte pour soutenir les services dans le secteur pétro-gazier. Masoud Suleman, président de la National Oil Corporation, a indiqué pour sa part qu’un nouvel appel d’offres pour l’exploration d’hydrocarbures serait annoncé le mois prochain. C’est le premier appel d’offres du pays depuis 2008.



