En Tunisie, la police de la circulation expérimente depuis environ une semaine un nouveau dispositif destiné à mieux lutter contre les infractions routières. Il s’agit de patrouilles comprenant des agents en civil, qui sillonnent certains secteurs pour prendre sur le fait les conducteurs pensant échapper à tout contrôle. Cette mesure doit permettre de renforcer le respect du Code de la route en attendant le déploiement de systèmes de surveillance automatisée.
Une mesure contre ceux qui prennent un malin plaisir à commettre des infractions routières quand ils n’aperçoivent pas les agents de la circulation (en tenue) dans les environs. En Tunisie, la police de la circulation a décidé de déployer des patrouilles en civil pour traquer les mauvais comportements chez les conducteurs. Le colonel-major Sami Rachikou, directeur de la police de la circulation au ministère de l’Intérieur, a indiqué que l’expérimentation a débuté il y a près d’une semaine.
Quand il ne voit aucune présence policière, les automobilistes ont tendance à commettre des infractions routières
Le dispositif est déployé pendant les heures de pointe, lorsque les agents en uniforme sont concentrés sur les principaux carrefours et axes pour fluidifier la circulation. Il vise à pallier les carences d’une présence trop visible et en même temps limitée, qui laisse certains secteurs sans surveillance apparente. Des automobilistes profitent de cette faille pour commettre des infractions dès qu’ils ne voient plus de policiers dans le coin. La police entend mettre fin à ce comportement, grâce à des patrouilles comprenant des agents en civil.
La police de la circulation peut constater et photographier une infraction
Bien qu’en civil, les policiers disposent de leurs équipements professionnels et interviennent avec un ordre de mission. Au moins un membre de la patrouille porte par ailleurs un gilet permettant d’identifier la Police de la circulation, tandis qu’une moto ou un véhicule de service peut se trouver à proximité. L’agent en civil peut constater et photographier une infraction, dans une zone moins quadrillée, sans arrêter immédiatement le conducteur. Cette procédure est notamment privilégiée lorsque l’interception du véhicule risque de perturber davantage une circulation déjà saturée. Les photographies ou vidéos permettent alors de documenter les faits et servent de pièces justificatives en cas de contestation.
La police de la circulation cible tous les types de véhicules
Quand les conditions le permettent, le contrevenant peut être arrêté et verbalisé directement. Les infractions constatées concernent les voitures particulières, les taxis, les VTC, les motocyclettes et même certains véhicules administratifs. Parmi les mauvais comportements ciblés figurent le franchissement des feux rouges, la circulation en sens interdit, l’utilisation des voies réservées au métro ou encore l’arrêt et le stationnement en plusieurs files. Cette dernière manœuvre constitue une source importante de congestion, notamment lors de la prise en charge ou de la descente de passagers et des opérations de chargement ou de déchargement.
Les patrouilles déployées en fonction des secteurs et des horaires où les infractions sont particulièrement fréquentes
Si la police de la circulation veut contrôler toutes les artères, les patrouilles ne sont pas pour autant déployées partout ou au hasard. Le programme est établi en fonction des secteurs et des horaires où les infractions sont particulièrement fréquentes. L’expérimentation en cours a notamment concerné le Grand Tunis, avec des opérations à El Omrane supérieur, dans la rue d’Espagne et la rue d’Angleterre, ainsi que dans plusieurs secteurs d’Ariana, de La Soukra, de Manouba et de Ben Arous. Ce sont des zones très problématiques pour les agents de la circulation.
Les abords des établissements scolaires également dans le viseur de la police de la circulation
Le Centre urbain Nord, un quartier moderne et dynamique de Tunis, a également fait l’objet d’une opération au cours de laquelle un nombre important d’infractions a été constaté. Des contrôles ont en outre été menés dans d’autres rues de la capitale, notamment pour relever les infractions liées au stationnement. Enfin, les abords des établissements scolaires constituent un autre point d’attention. Certains parents y stationnent leur véhicule sur plusieurs files pour déposer ou récupérer leurs enfants, provoquant d’importantes perturbations aux heures d’entrée et de sortie.
Par ailleurs, les voies de métro sont des zones sensibles supplémentaires. Dans plusieurs secteurs, des automobilistes utilisent les rails comme une voie de circulation lorsqu’ils trouvent un accès permettant d’y pénétrer. La police travaille avec les services du ministère des Transports afin de rechercher des solutions techniques susceptibles d’empêcher physiquement ces véhicules d’accéder aux voies.
Une réponse immédiate avant la généralisation de la surveillance automatisée des infractions routières
L’objectif du dispositif annoncé par le ministère de l’Intérieur tunisien est donc double : sanctionner les infractions qui perturbent directement la circulation et faire évoluer les comportements des automobilistes. Au-delà de ces deux objectifs, la police veut rappeler que le respect du Code de la route ne dépend pas de la présence visible d’un agent en uniforme. C’est avant tout une question de civisme. Comme la sensibilisation ne suffit plus, un conducteur pourra dorénavant être contrôlé même lorsqu’il pense se trouver hors du champ de surveillance.
Les policiers en civil constituent cependant une mesure transitoire avant une évolution plus importante. En effet, le ministère de l’Intérieur tunisien prévoit la généralisation de la surveillance automatisée des infractions routières. Par conséquent, le déploiement des policiers en civil n’est qu’une réponse immédiate, en attendant l’installation des caméras. Cette dernière opération nécessite encore de finaliser plusieurs aspects administratifs et techniques, notamment le choix des équipements et de leurs emplacements.



