À Casablanca, l’Hôpital Universitaire International Cheikh Khalifa a réalisé fin juillet une chirurgie viscérale robotique. C’est une première pour cet établissement et pour la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) qui le pilote. Cette opération réussie élargit le champ d’application de la chirurgie assistée après une première phase en urologie.
Une avancée majeure dans le domaine de la chirurgie au Maroc. Le jeudi 24 juillet dernier, une équipe de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) a réalisé, au sein du bloc opératoire de l’Hôpital Universitaire International Cheikh Khalifa, faisant partie de son réseau, une chirurgie viscérale assistée par robot. C’est une première pour l’établissement, en matière de chirurgie digestive. Cette opération s’inscrit dans la stratégie de la FM6SS visant à intégrer progressivement l’assistance robotique dans différentes spécialités médicales.
La chirurgie viscérale robotique avec le robot chirurgical « Da Vinci »
L’intervention portait sur une résection du rectum pour un cancer colorectal. Elle a été menée avec succès par le docteur Choukri El Mehdi, chirurgien digestif à la FM6SS, à l’aide du robot chirurgical « Da Vinci », reconnu mondialement pour sa haute précision et ses capacités mini-invasives. D’après le professeur Khalid Sair, directeur général de l’hôpital Cheikh Khalifa, « le robot permet d’opérer avec une extrême précision, notamment lorsqu’il s’agit de préserver des organes ou tissus nobles dans des zones anatomiques profondes ». Le médecin note que la technologie est particulièrement indiquée pour limiter les saignements et les risques de complications postopératoires.
Le robot possède des bras articulés sur lesquels sont fixés des instruments chirurgicaux
De son côté, le Dr Choukri précise que l’opération est entièrement pilotée par le chirurgien, via une console qui permet de manipuler avec une extrême finesse les bras robotisés de l’appareil. Pour rappel, la chirurgie viscérale robotisée est une opération mini-invasive assistée par un robot (comme le Da Vinci). Avec cette technique, le chirurgien contrôle les instruments à distance depuis une console, une sorte de poste de commande. De là, il dirige le robot positionné près du patient. La machine possède des bras articulés sur lesquels sont fixés des instruments chirurgicaux, qu’elle introduit dans le corps du patient par de petites incisions.
La chirurgie viscérale robotique offre une plus grande précision
À son poste à distance, le chirurgien utilise des manettes et des pédales pour diriger les mouvements de la caméra et des instruments que porte le robot. Cette caméra stéréoscopique fournit une image en trois dimensions (3D) du champ opératoire, amplifiée et stabilisée. La chirurgie viscérale assistée par robot offre des avantages significatifs par rapport à la laparoscopie conventionnelle. Elle propose notamment une vision à 360°, utile pour atteindre les zones complexes avec davantage de contrôle, des instruments plus agiles, une précision accrue grâce à l’élimination des tremblements, et une plus grande ergonomie pour le chirurgien.
La chirurgie viscérale robotique a des avantages concrets
Ces atouts se traduisent par des incisions plus petites, voire quasiment invisibles, des douleurs post-opératoires et des besoins en antalgiques réduits, une baisse des risques de pertes sanguines, une diminution des risques d’infection, une convalescence plus rapide et un séjour hospitalier plus court pour le patient. Le Dr Choukri El Mehdi confirme que le robot permet de réaliser des « interventions délicates à travers des mouvements fins et une dextérité extrême, agrémentés d’une vision 3D ». Cette dernière permet d’atteindre des zones complexes avec une grande précision, ajoute-t-il.
Vers une extension de cette technique à d’autres disciplines médicales
Dans une déclaration à Médias24, le Pr Khalid Sair a confié que le recours au robot Da Vinci a démarré il y a quelques semaines, peu après que la FM6SS a commencé à acquérir ses premiers robots chirurgicaux. La chirurgie viscérale réalisée fin juillet est la première opération de ce type dans le cadre de la deuxième phase de déploiement de la chirurgie robotique au sein de la Fondation, après un premier volet consacré à l’urologie.
Cette première phase avait concerné des prostatectomies, réalisées selon les standards établis par le fournisseur de l’équipement. Face à la demande croissante pour ce type d’approches innovantes, la FM6SS souhaite élargir le recours à la chirurgie robotique à d’autres disciplines, comme la chirurgie digestive, urologique, thoracique, gynéco-obstétrique et même la chirurgie pédiatrique.