Depuis début janvier 2026, de nouveaux billets de banque sont en circulation en Syrie. Ils ne portent pas les visages de Bachar el-Assad et de son père Hafez al-Assad, qui ont régné sur le pays pendant plusieurs décennies. Avec ce changement dans la monnaie nationale, le nouveau régime veut marquer une rupture symbolique et relancer une économie en grande difficulté.
Depuis le 1er janvier 2026, de nouveaux billets de banque, sans l’effigie des Assad, sont en circulation en Syrie. Selon le président syrien Ahmed al-Charaa, qui s’exprimait lors d’une cérémonie de présentation à Damas, cette initiative ouvre un nouveau chapitre pour le pays, un an après la chute du régime de Bachar el-Assad. « C’est la fin d’une phase antérieure qui ne sera pas regrettée et le début d’une nouvelle phase à laquelle le peuple syrien […] aspire », a-t-il déclaré.
Une nouvelle identité nationale en Syrie et une rupture avec la vénération d’individus
Les effigies de l’ancien président syrien Bachar al-Assad et de son père Hafez al-Assad, qui ont régné sur le pays pendant plusieurs décennies, ont été remplacées sur les billets de banque par des images de roses, d’oranges, d’olives, de blé et autres symboles agricoles de la Syrie. « Le nouveau design de la monnaie est l’expression d’une nouvelle identité nationale et marque une rupture avec la vénération d’individus », a assuré Ahmed al-Charaa, ancien chef du groupe terroriste HTS, qui a renversé Bachar el-Assad après une offensive éclair en décembre 2024. Auparavant, les billets de 2000 livres syriennes représentaient le dirigeant déchu Bachar al-Assad et ceux de 1000 lires son père Hafez al-Assad.
La plus grande dénomination sera de 500 livres syriennes, contre 5000 auparavant
La nouvelle monnaie syrienne a été émise en retirant deux zéros de la valeur nominale de l’ancienne devise. Ainsi, 100 livres syriennes de l’ancienne monnaie équivalent désormais à une livre de la nouvelle devise. De ce fait, la plus grande dénomination sera de 500 livres syriennes, contre 5000 auparavant. Avec la suppression de deux zéros, la livre syrienne est donc désormais imprimée en coupures de 10, 25, 50, 100, 200 et 500. D’après Ahmed al-Charaa, la suppression des zéros sur les anciens billets facilitera les transactions quotidiennes. Il estime que seule l’augmentation de la production, la réduction du chômage et un système bancaire solide peuvent permettre à la Syrie d’avoir une croissance durable.
La Syrie veut relancer son économie après quinze ans de conflits armés
En dépit des nouveaux billets introduits début janvier, l’effigie de Bachar al-Assad et celle de son père Hafez figurent encore sur certaines coupures. Le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Abdulkadir Husri, a précisé que le processus de changement de monnaie sera achevé dans 90 jours, soit d’ici avril. Aujourd’hui, le dollar américain se vend dans les bureaux de change à Damas à plus de 11 000 livres pour les anciens billets, alors qu’au début du conflit syrien, à la mi-mars 2011, le dollar américain valait 47 livres syriennes. La valeur de la monnaie syrienne a donc fortement chuté, à tel point qu’il fallait des sacs de billets pour effectuer des achats.
Face à cette dévaluation extrême, le nouveau pouvoir a fait du redressement de la livre syrienne l’une de ses priorités. Sa première mesure fut de supprimer deux zéros. D’autres sont annoncées. Avec le soutien de ses partenaires occidentaux, qui ont levé la plupart des sanctions imposées à la Syrie pendant le règne d’Assad, le nouveau régime peut espérer redonner du poids à la devise nationale et relever l’économie du pays.



