Blida : un double d’attentat passé sous silence lors de la visite du pape ?

Algérie Société

Plusieurs sources en Algérie ont rapporté, lundi dans l’après-midi, un double d’attentat perpétré près d’un commissariat de police à Blida, au nord du pays. Mais les autorités algériennes imposent un silence, tandis que l’Union africaine (UA) a supprimé son communiqué relatif à cet évènement. Celui-ci a eu lieu en pleine visite du pape Léon XIV, qui effectue une tournée en Afrique cette semaine.

Qu’est ce qui s’est passé à Blida, en Algérie, dans l’après-midi du lundi 13 avril ? Plusieurs sources et des témoignages sur les réseaux sociaux rapportent deux attentats-suicides perpétrés dans cette ville située à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger. Deux individus portant des ceintures explosives auraient attaqué, l’un un commissariat, et l’autre un complexe sportif privé du boulevard Mohamed Boudiaf.

Une attaque terroriste meurtrière à Blida lundi

Selon les premières informations diffusées, les explosions ont causé la mort de deux policiers et fait plusieurs blessés, dont certains dans un état grave, laissant craindre un bilan plus lourd. Les deux kamikazes ont été tués sur place par les forces de l’ordre. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent une scène de violence suite à l’explosion. Sur certaines images, on peut également voir un cadavre déchiqueté, qui serait celui de l’un des assaillants. On parle même d’une assaillante.

Des médias locaux et internationaux ont confirmé le double attentat à Blida

Ces attaques n’ont pas été officiellement confirmées par les autorités algériennes. Celles-ci restent étrangement muettes, alors que des médias algériens en parlent, tout comme des quotidiens internationaux (Le Figaro et Le Monde notamment). En dépit de ce silence, des informations font état de l’ouverture d’une enquête pour identifier les auteurs et déterminer les circonstances exactes de ces attaques.

Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, les autorités de Blida ont reçu plusieurs alertes à la bombe le même jour, visant notamment le marché El Rahba, encerclé immédiatement par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Quatre bombes auraient été désamorcées dans la ville, toutes ciblant des policiers et des lieux publics.

Les attentats terroristes rarement évoqués par les autorités algériennes

Si des médias locaux évoquent la piste terroriste, les circonstances exactes de ces attaques restent à déterminer. L’Algérie n’avait pas connu un attentat terroriste depuis 2020. Cette année-là, un assaut djihadiste avait visé une base de l’armée dans le sud du pays, près de la frontière avec le Mali, tuant un militaire algérien. Elle avait été revendiquée par le groupe État islamique (EI).

Mais d’autres sources remontent le dernier attentat au 31 août 2017. Ce jour-là, un kamikaze porteur d’une ceinture explosive avait tenté de pénétrer dans le siège de la Sûreté à Tiaret, à 350 km au sud-ouest d’Alger. Daesh avait revendiqué cette attaque, dans laquelle le kamikaze et deux policiers avaient perdu la vie. Ces informations contradictoires montrent à quel point Alger passe sous silence ce genre d’évènements.

Un double attentat perpétré lors de la visite du pape Leon XIV

Notons que le double attentat annoncé lundi a eu lieu au premier jour de la visite du pape Leon XIV en Algérie, dans le cadre d’une tournée en Afrique. Le souverain pontife a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, avant d’effectuer une visite dans l’après-midi à la basilique Notre-Dame d’Afrique. Ce mardi, le chef de l’Eglise catholique, en tant membre de l’Ordre de Saint-Augustin, s’est rendu à Annaba, sur la côte nord-est, pour visiter les ruines de l’ancienne ville d’Hippone, où Saint-Augustin a été prêtre et évêque. Le théologien romain est une figure majeure de l’Église primitive au IVe siècle. Leon XIV poursuit sa tournée africaine ce mercredi au Cameroun.