Etats-Unis : le FBI n’a pas oublié Monica Witt, ex-espionne américaine passée au service de l’Iran en 2013

Moyen-Orient

Wanted ! Le FBI offre 200 000 dollars pour toute information permettant de retrouver Monica Witt, une ancienne espionne américaine disparue depuis 2013 et supposée passée au service de l’Iran. Aujourd’hui âgée de 47 ans, elle vivrait à Téhéran et utiliserait plusieurs fausses identités pour rester sous les radars. Les Etats-Unis souhaitent l’arrêter pour la juger pour trahison, mais également parce qu’elle possède de solides connaissances des services secrets américains qui pourraient jouer un rôle clé dans le conflit en cours au Moyen-Orient.

Le FBI et la CIA ne l’ont pas oubliée. Les services de renseignements américains ont promis jeudi dernier une récompense de 200 000 dollars (environ 170 000 euros) pour toute information permettant l’arrestation et la poursuite de Monica Witt, une ancienne espionne américaine disparue depuis 2013 et supposée passée du côté de l’Iran. Ils pensent que la jeune dame, aujourd’hui âgée de 47 ans, « continue probablement à soutenir les activités néfastes de la République islamique, qui défie l’armée américaine dans le détroit d’Ormuz ». L’ex militaire est sous le coup d’un mandat d’arrêt depuis 2019 pour espionnage au profit de l’ennemi.

Une carrière dans l’armée américaine entre 1997 et 2008

Née le 8 avril 1979 au Texas, Monica Elfriede Witt est une ancienne espionne américaine. Elle débute sa carrière militaire en 1997 dans l’armée de l’air américaine (US Air Force). Elle a été engagée en tant que linguiste, après avoir étudié le persan à l’Institut des langues de la Défense et pratiqué l’analyse linguistique cryptologique aéroportée. L’agent secret a ensuite été affectée au Bureau des enquêtes spéciales de l’US Air Force comme agent spécial de contre-espionnage, poste qu’elle a occupé jusqu’à son départ de l’armée de l’air en 2008. Entre 1997 et 2008, la jeune femme a effectué de nombreux voyages au Moyen-Orient pour participer à des opérations sensibles, notamment en Arabie saoudite et en Irak.

Monica Witt a fait défection en 2013

Malgré son départ de l’armée, Monica Witt a poursuivi ses activités au département de la Défense comme sous-traitante du gouvernement américain jusqu’en 2010. Tous ces postes lui ont permis de renforcer ses connaissances et son accès à des informations classées top secret. D’où l’inquiétude au Pentagone, quand elle fait défection en 2013. Cette année-là, la spécialiste en contre-espionnage a disparu du jour au lendemain. Depuis, l’armée américaine considère qu’elle a rejoint l’Iran. En 2019, elle a été inculpée pour espionnage aux Etats-Unis. L’ex espionne aurait « intentionnellement fourni des informations mettant en danger le personnel américain et leurs familles en poste à l’étranger ». Le FBI croit qu’elle continue « à soutenir les activités néfastes de l’Iran » à ce jour.

L’ex espionne a été influencée par des idées anti-américaines lors de ses voyages en Iran

Selon les services de renseignements américains, le basculement de Monica Witt s’est probablement produit autour de 2012 lorsqu’elle s’est de plus en plus intéressée à la religion et au Moyen-Orient, son mémoire de maîtrise faisant même l’éloge des deux. À cette époque, la jeune femme aurait également commencé à être influencée par des idées anti-américaines après avoir assisté à plusieurs conférences en Iran. Peu après, elle se serait rapprochée de Marzieh Hashemi, une agente présumée des services de renseignement iraniens, avec l’aide de laquelle elle aurait fait défection en 2013. Le FBI pense qu’elle a ensuite rapidement fourni à la République islamique une assistance et des renseignements tirés de son travail pour et avec le gouvernement américain.

Monica Witt vivrait à Téhéran sous d’autres noms

Monica Witt résiderait aujourd’hui à Téhéran, parlerait couramment le farsi et utiliserait plusieurs fausses identités comme « Fatemah Zahra » ou « Narges Witt » pour rester sous les radars. Elle bénéficierait d’une protection du régime iranien, d’un logement et d’un équipement informatique pour son travail. « Le FBI n’a pas oublié et estime qu’en ce moment critique de l’histoire de l’Iran, il y a quelqu’un qui sait quelque chose sur l’endroit où elle se trouve », affirme Daniel Wierzbicki, agent spécial en charge de la division du contre-espionnage et de la cybercriminalité du bureau de Washington. Alors que la guerre au Moyen-Orient dure depuis plus de 75 jours, le FBI et la CIA estiment qu’elle pourrait jouer un grand rôle de par ses connaissances des services secrets américains. D’où l’urgence de la retrouver.