On s’y attendait. Jean-Luc Mélenchon a annoncé dimanche sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Ce sera sa quatrième tentative de suite après 2012, 2017 et 2022. Mais le leader de La France insoumise (LFI) ne fait pas l’unanimité, même au sein de son parti. On le juge trop clivant.
Jean-Luc Mélenchon a annoncé dimanche sur TF1 qu’il serait le candidat de La France insoumise (LFI) à la présidentielle de 2027. « Les divisions internes dans les partis font qu’il y a une multitude de candidatures et c’est la confusion. Nous, c’est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a-t-il expliqué au JT de 20H. Le leader de 74 ans a justifié sa candidature par la nécessité d’avoir un candidat expérimenté, « le mieux préparé » pour affronter, entre autres, la menace « d’une guerre généralisée » en Europe.
Jean-Luc Mélenchon tente sa chance pour la quatrième fois
Jean-Luc Mélenchon tentera donc d’aller à l’assaut de l’Élysée pour la quatrième fois consécutive, après 2012, 2017 et 2022. À la dernière élection présidentielle, il lui avait manqué 420 000 voix pour se qualifier au second tour. Il avait réuni 22 % des suffrages, prenant la troisième place au premier tour. Contrairement aux précédents scrutins, la nouvelle candidature du chef des Insoumis divise profondément à gauche, où Socialistes et Ecologistes veulent éviter d’aller en rangs dispersés et de donner toutes les chances au Rassemblement national de l’emporter.
La promotion du communautarisme et le ménagement du Hamas ne plaisent pas en France
La gauche appelle à des primaires pour élire un candidat unique., une personnalité qui rassemble la France. Or Jean-Luc Mélenchon est un homme politique très clivant en raison de ses prises de position et de ses opinions très tranchées. Les détracteurs reprochent notamment au natif de Tanger (Maroc) sa promotion du communautarisme (ou plutôt la défense des racisés) et surtout son soutien à la Palestine et ses critiques visant Israël. Sa haine de l’Etat hébreu serait si forte qu’il n’a pas qualifié le Hamas d’organisation terroriste, après le massacre du 7 octobre 2023. « Jean-Luc Mélenchon est l’homme politique le plus détesté de ce pays et le meilleur épouvantail pour la droite et l’extrême droite », juge le socialiste Pierre Jouvet, qui s’exprimait lundi sur Franceinfo.
Des « frondeurs » au sein de LFI
En raison de ses prises de position controversées, beaucoup croient que Jean-Luc Mélenchon ne pourra pas refaire le coup de 2017 et 2022, élections pendant lesquelles il a fait le plein à gauche au détriment de ses concurrents directs. Cela serait d’autant vrai que même au sein de son parti, il fait face à des « frondeurs ». Ceux-ci sont régulièrement écartés des instances de direction, sans ménagement. Ce fut le cas pour François Ruffin, Clémentine Autain, Éric Coquerel, Alexis Corbière ou encore Raquel Garrido. Certains n’ont même pas été investis par LFI aux élections législatives de 2024 et ont dû quitter le parti. Aujourd’hui, ils appellent à une primaire à gauche. Mais celle-ci risque de ne jamais avoir lieu vu les divisions et les ambitions personnelles.
Jean-Luc Mélenchon porte un projet de société de rupture
Jean-Luc Mélenchon a déjà choisi d’y aller seul, mettant Raphaël Glucksmann (Place Publique) et Olivier Faure (PS) devant le fait accompli. L’ancien député européen a déjà prévu un premier grand meeting de campagne le 7 juin à Saint-Denis, ville conquise par le candidat LFI Bally Bagayoko aux dernières municipales. Il a aussi déjà un programme, L’Avenir en commun, qu’il porte depuis plusieurs années et actualise à l’occasion. Composée de quatre parties et de 18 chapitres, ce projet de société comprend des mesures de rupture comme la mise en place d’une VIe République, la suppression de la réforme des retraites, l’augmentation du SMIC à 1400 euros nets, la possibilité de sortir de l’UE et la créolisation culturelle.



