Le groupe aéronautique français Daher envisage de transférer au Maroc une partie de sa production actuellement réalisée dans les Hautes-Pyrénées. Ce projet devrait se dérouler entre septembre 2026 et la fin de l’année 2027. S’il se concrétise, il renforcera la filière aéronautique du Royaume, qui accueille déjà des géants mondiaux comme Pratt & Whitney, Airbus et Thales.
Le groupe aéronautique français Daher a annoncé récemment un plan de transfert d’une partie de sa production de composants standardisés des Hautes-Pyrénées (France) vers son site de Tanger, au Maroc. Planifié entre septembre 2026 et la fin de l’année 2027, ce projet vise à optimiser les coûts de production grâce à l’assemblage de revêtements composites et métalliques. Il s’inscrit dans un plan interne baptisé « Edge », dont le but est de redresser Daher Industrie, la branche la plus déficitaire parmi les six entités du constructeur.
Tanger s’occupera des pièces d’aérostructures composites et métalliques
Daher compte trois sites notables en France : une usine pour la fabrication de containers pour les missiles à Montrichard Val-de-Cher (Loir-et-Cher), une autre dédiée à la R&D et aux composites à Saint-Aignan-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique) et la principale à Tarbes. Sur ce complexe de Tarbes, l’activité industrielle se décompose entre la production florissante des avions d’affaires TBM assurée par Daher Aircraft (environ 50%) et la fabrication de pièces d’aérostructures composites (25%) et métalliques (25%) gérée par Daher Industrie. C’est cette dernière activité qui sera en partie transférée à Tanger. Si tout va bien (si le dialogue entre Daher et les syndicats de salariés aboutit), le site marocain s’occupera donc de l’assemblage de revêtements de sous-section (RSS) composites et métalliques pour l’A300, l’A320, l’A330 et l’A350 qui.
Le Maroc accueille déjà les géants mondiaux comme Boeing, Airbus et Safran
Avec ce projet de Daher, le Maroc renforcera sa filière aéronautique. Le Royaume accueille déjà des géants mondiaux comme Boeing, Airbus, Safran, Spirit AeroSystems, Stelia Aerospace, Pratt & Whitney et Thales. Le secteur aéronautique marocain s’est développé ces deux dernières décennies autour de Casablanca, notamment dans la zone franche de MidParc, qui regroupe plusieurs sous-traitants et équipementiers. Midparc accueille plus de trente grands groupes de l’aérospatial. Cette concentration industrielle repose sur la proximité géographique avec l’Europe et des coûts de production compétitifs.
L’industrie aéronautique marocaine a dépassé le stade de la sous-traitance
Mais l’industrie aéronautique marocaine ne fait pas que de la simple sous-traitance. Elle a franchi un palier stratégique en assurant aussi la production de composants complexes et critiques. Portée par l’arrivée de motoristes et de spécialistes des systèmes de trains d’atterrissage, la filière enregistre une accélération fulgurante, marquée par une forte montée en compétences et en valeur ajoutée. Selon Hamid Benbrahim El Andaloussi, président honoraire du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas), « la diversité des grands groupes, qui misent sur la compétitivité du Royaume, va stimuler une croissance à la fois quantitative et qualitative. ».
Le Maroc, désormais le pays le plus industrialisé d’Afrique
L’aéronautique marocain compte actuellement 155 entreprises et emploie 27 000 personnes. Il génère un chiffre d’affaires à l’export de 3 milliards de dollars. Son objectif est désormais de doubler ce CA d’ici cinq ans, en s’appuyant sur une croissance annuelle de 15%. Cette montée en puissance de l’aéronautique dans le Royaume illustre parfaitement l’industrialisation galopante du pays. En 2025, le Maroc a détrôné l’Afrique du Sud pour devenir le pays africain le plus industrialisé. Il doit cette performance à la politique pro-industries mise en place par les autorités il y a vingt ans.



