À l’instar de plusieurs pays de l’Union européenne, l’Algérie veut créer une police de l’eau pour lutter contre le gaspillage et les raccordements illicites. Ceux-ci représentent jusqu’à 50% des volumes dans certaines wilayas. Le ministre des Ressources hydriques, Lounès Bouzegza, a annoncé que les textes réglementaires encadrant ce nouveau dispositif seront publiés dans les prochains jours.
Alors que la pression sur les ressources hydriques s’intensifie, l’Algérie envisage de créer une police de l’eau pour faire face aux pertes liées aux usages illégaux de cette ressource vitale. Il s’agit plus précisément d’une réactivation de la loi relative à l’eau de 2005, qui prévoyait déjà une telle unité. Le ministre des Ressources hydriques, Lounès Bouzegza, a annoncé que des textes réglementaires encadrant ce nouveau dispositif seront publiés dans les prochains jours.
Fermiers, éleveurs et industriels dans le viseur de la police de l’eau
La création de la police de l’eau s’impose dans un pays où le gaspillage et les vols représentent jusqu’à 50% des volumes dans certaines wilayas. Au cours d’une séance de travail avec les responsables locaux à Béchar, Lounès Bouzegza a déclaré que « cela ne peut plus être toléré ».
Le ministre a même pointé du doigt certains fermiers, éleveurs et industriels, qui s’adonnent à ces pratiques. Il a averti que la police de l’eau mènera des contrôles inopinés et sanctionnera tous ceux qui porteront atteinte aux ressources hydriques. Parmi les pratiques visées figurent les raccordements clandestins sur les conduites publiques, les forages illicites, les prélèvements excessifs pour l’irrigation agricole, le pompage non contrôlé des eaux souterraines et certains usages industriels de l’eau potable.
La police de l’eau a été mobilisée pour la dernière fois dans les années 2010
Selon Lounès Bouzegza, ces actes sabordent les actions de l’Etat dans sa quête de produire l’eau nécessaire aux Algériens. C’est justement pour éviter que cela continue que le gouvernement a réactivé la loi de 2005. Cette police de l’eau avait été mobilisée pour la dernière fois en 2016 quand Zidane Merah était à la tête de l’Algérienne des Eaux (ADE).
Une fois les textes réglementaires de sa nouvelle version finalisés, cette unité ne devrait plus fonctionner sporadiquement, mais tout le temps comme tous les autres corps. Mais son efficacité sur le terrain dépendra de la capacité d’Alger à lutter véritablement contre le stress hydrique, qui menace le développement pérenne du pays.
Près de 50% de l’alimentation en eau potable de l’Algérie provient du dessalement d’eau de mer
L’Algérie doit lutter contre le gaspillage de l’eau d’autant qu’elle est l’un des pays les plus touchés par la sécheresse, selon l’Institut des ressources mondiales (WRI). Les précipitations y ont atteint leur plus bas niveau depuis des décennies. Dans ce contexte, le pays risque de subir un stress hydrique dans les prochaines années si rien n’est fait. Il faut noter que l’alimentation en eau potable sur le territoire est actuellement assurée à près de 50% par le dessalement d’eau de mer. Les autorités visent les 60% en 2030, alors que l’irrigation agricole et l’industrie consomment respectivement 70% et 17% des volumes stockés dans les barrages.



