Malgré l’abandon de son projet controversé de privatisation de la FIFA, Gianni Infantino n’est pas sorti d’affaires. L’UEFA a appelé le dirigeant italo-suisse à démissionner et le menace d’un vote de défiance dans le cas contraire, tandis que plusieurs fédérations lui ont retiré son soutien pour l’élection de mars 2027 au Maroc. Des noms de potentiels successeurs sont déjà cités.
Mal lui en a pris. Alors qu’il était seul favori à l’élection de mars 2027 à la présidence de la FIFA, Gianni Infantino a eu la mauvaise idée de vouloir privatiser l’instance. Le dirigeant italo-suisse souhaitait vendre des participations à un groupe d’investisseurs privés dirigé par le frère cadet de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Mais il a dû abandonner son projet face à la fronde des fédérations.
Gianni Infantino sous la menace d’un vote de défiance
L’UEFA, la CONCACAF et l’AFC (Confédération asiatique de football) ont exprimé leur forte opposition à ce plan. Seule la CAF a dit vouloir l’étudier, n’y voyant que la manne financière promise par Infantino à ses soutiens (40 millions de dollars). Plus qu’une opposition de vive voix, l’UEFA a même menacé de boycotter les compétitions de la FIFA si Infantino maintenait son projet. Après l’abandon du projet vendredi dernier, elle l’appelle désormais à démissionner et brandit le chiffon rouge du vote de défiance s’il ne s’exécute pas.
L’UEFA remplit déjà les critères pour convoquer un congrès et un vote de destitution
Pour organiser un vote de défiance, le conseil de la FIFA doit convoquer un congrès extraordinaire à la demande d’un cinquième (1/5) des associations membres (211). Cette barre correspond à 43 nations et est déjà atteinte avec la seule UEFA (55 membres). Si les fédérations européennes font front commun, le congrès aura alors lieu dans un délai de 3 mois après réception de la demande. Un vote se tiendra ensuite en présence de tous les membres de la FIFA. Pour obtenir la démission d’Infantino, il faudra un vote à la majorité simple (plus de 50 %) des suffrages valablement exprimés, soit 106 nations.
Une réunion de crise ce mercredi
À ce stade, l’UEFA (55), l’AFC (47) et la CONCACAF (41) sont les trois confédérations à avoir ouvertement critiqué le projet de privatisation. Ce qui porte d’emblée le total à 143 nations membres et dépasse la majorité simple. Mais la plupart des membres de ces organisations ne sont opposés qu’à l’idée de privatiser la FIFA et non à la personne même de Gianni Infantino. Les prochains jours seront décisifs, à commencer par ce mercredi, jour d’une importante réunion de crise.
Pour se donner toutes les chances de rester, le dirigeant suisse fait du lobbying intense. Il contacte tous ses soutiens et alliés les plus influents, dont Donald Trump. Selon le New York Times, il aurait tenté d’appeler le président américain et son entourage, notamment le secrétaire d’Etat Marco Rubio. Mais sans succès.
Patrice Motsepe seul soutien affiché de Gianni Infantino
En Afrique, Gianni Infantino peut compter sur le soutien de son compère Patrice Motsepe. Le président de la CAF n’a pas critiqué le projet du président de la FIFA. On s’y attendait, sachant que les deux hommes ont toujours été complices. Si le premier tombe, le second pourrait le suivre dans sa chute. Patrice Motsepe est attendu de pied ferme sur le dossier de la finale de la CAN 2025. Le dirigeant sud-africain joue sa crédibilité, alors qu’on l’accuse de corruption et de favoritisme. Le verdict sur le vainqueur de la compétition interviendra en octobre.
De potentiels candidats en attente du sort de Gianni Infantino
Quant à Infantino, s’il réussit à se maintenir à son poste, il n’est pas sûr d’être réélu pour un troisième mandat le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. On lui cherche déjà des successeurs. Parmi les noms cités figurent Victor Montagliani, président canadien de la CONCACAF, Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, et Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain. Mais aucune de ces personnalités n’a encore annoncé sa candidature. Elles attendront sûrement que son sort soit scellé avant de se lancer. Tout pourrait se décanter dès cette semaine.


