Après les nombreuses guerres menées sur Terre au nom de la « démocratie » et de la « civilisation », les Etats-Unis s’apprêtent-ils à livrer une bataille dans l’espace contre la Chine et la Russie ? L’US Space Force, la branche des armées américaines dédiée à l’espace, a annoncé lundi déployer des armes dans l’orbite terrestre contre des actions hostiles d’adversaires. Pékin a immédiatement demandé à Washington de « cesser de se préparer à une guerre dans l’espace ». De son côté, Moscou a déclaré que l’orbite terrestre devrait être « exempt de tout armement ».
De forts soupons pesaient depuis longtemps ; maintenant c’est confirmé. Pour la première fois, les Etats-Unis ont reconnu disposer d’armes dans l’espace. L’annonce a été fait lundi 14 septembre par l’US Space Force, la branche des armées américaines dédiée à l’espace, qui parle « de systèmes de contrôle spatial armés en orbite ». Elle n’a pas précisé de quels types d’armes il est question.
Les Etats-Unis ont dans leur viseur la Chine et la Russie en premier
Il peut s’agir d’armes cinétiques (c’est-à-dire physiquement destructrices) ou non cinétiques, comme les brouilleurs. Parmi les capacités militaires spatiales les plus connues à ce jour figure les armes antisatellites (ASAT). Les concurrents chinois et russes possèdent ces technologies depuis de nombreuses années.
On sait que la Chine a procédé à un essai d’arme ASAT en janvier 2007, détruisant un satellite météorologique chinois hors service et générant un nuage de plus de 3.000 débris spatiaux. Quant à la Russie, elle a testé en novembre 2021 une ASAT à ascension directe, qui a détruit l’un de ses anciens satellites et généré plus de 1.500 débris spatiaux traçables en orbite terrestre basse. L’Inde a également effectué une manœuvre similaire en 2019 pour détruire ses propres satellites.
Une annonce dans un contexte de militarisation croissante de l’espace
L’US Space Force, qui a été créée en 2019, affirme que « les menaces spatiales ne relèvent plus de la science-fiction » et qu’elles sont « une réalité avérée ». Mais contre qui ces capacités militaires sont-elles déployées ? Contre d’éventuels extraterrestres ? Non, elles visent les armes spatiales potentielles des adversaires. Et on les connait bien. Ils sont chinois et russes (potentiellement européens depuis la prise de pouvoir de Donald Trump).
Washington pointe un contexte de militarisation croissante de l’espace, comme pour rejeter la faute aux autres. Le Pentagone note pour sa part que l’Iran a frappé mi-juillet une base américaine en Jordanie, tuant trois soldats, en se basant sur des images satellites haute résolution fournies par une entreprise chinoise (ce que les Etats-Unis font également). Il évoque aussi le front ukrainien, où les constellations de satellites comme Starlink pour Kiev ou Rassvet pour Moscou sont indispensables au guidage des drones.
La Chine et la Russie répondent à l’annonce des Etats-Unis
Directement ciblée par les Etats-Unis, la Chine a promptement réagi mardi en pressant Washington « de cesser le déploiement de ses capacités militaires et de se préparer à une guerre dans l’espace ». La Russie, elle, a fait valoir que l’espace devait être « exempt de tout armement », alors qu’elle-même menace les installations spatiales aidant l’Ukraine qu’elle a agressée à frapper son sol.
« Nous comptons sur un large rassemblement international pour poursuivre les efforts en vue d’une démilitarisation complète de l’espace », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point-presse quotidien du mardi. La rhétorique est bien connue : chaque puissance militaire et technologique accuse le rival de faire ce qu’elle-même fait en pire. Croire l’une ou l’autre, c’est faire preuve de mauvaise foi.
La crainte d’armes nucléaires dans l’espace
Notons toutefois que la militarisation de l’espace n’est pas un phénomène nouveau. Elle est presque aussi ancienne que la conquête spatiale elle-même. Dès le lancement de Spoutnik par l’URSS en 1957, Washington et Moscou avaient exploré différentes façons d’armer les satellites et de neutraliser ceux de l’adversaire. Mais il y a aujourd’hui une plus grande inquiétude, au fur et à mesure que les tensions géopolitiques montent. En effet, on craint que les superpuissances déploient des armes nucléaires au-dessus de nos têtes, même si un Traité sur l’espace extra-atmosphérique a été signé en 1967 et qui interdit le déploiement d’armes de destruction massive en orbite.
Les Etats-Unis quasi-prêts à une guerre dans l’espace
La Russie, la Chine et les Etats-Unis en ont évidemment cure, soucieux d’imposer leur suprématie sur Terre comme dans le ciel. Les Etats-Unis, en particulier. Comme un enfant baigné dans son univers hollywoodien, Donald Trump est fasciné par tout ce qui ressemble à la guerre galactique, du type Star Wars. Il a récemment présenté l’uniforme de la Space Force, qui elle-même a simulé un combat entre satellites, entre mai à juillet 2026. C’est certain, l’inévitable se produira tôt ou tard (la guerre des nations dans l’espace). C’est la date qu’on ne connaît pas encore.



