Énergie nucléaire : la Tunisie et l’AIEA signent un nouveau cadre de coopération

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La Tunisie et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont signé, le 17 septembre 2026 à Vienne (Autriche), un nouveau Cadre de programme national (CPF) couvrant la période 2026-2030. Cet accord doit orienter les transferts de technologies nucléaires et les coopérations techniques vers les priorités nationales tunisiennes. Parmi celles-ci figurent la santé, l’agriculture, l’eau et l’environnement, la sécurité radiologique, ainsi que l’industrie et l’énergie.

La Tunisie et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) renforcent leur coopération scientifique et technique dans le nucléaire. Les deux parties ont signé, le 17 septembre 2026, un nouveau Cadre de programme national (CPF) couvrant la période 2026-2030. Conclu en marge de la 70e session de la Conférence générale de l’agence, organisée à Vienne en Autriche, cet accord est destiné à orienter les transferts de technologies nucléaires et les ressources de coopération technique vers les priorités nationales tunisiennes.

La Tunisie vise sept secteurs prioritaires

Ce nouveau cadre identifie sept secteurs prioritaires pour le pays. À savoir la sûreté et la sécurité nucléaires et radiologiques ; la santé et la nutrition ; l’agriculture et l’alimentation ; l’eau et l’environnement ; les applications industrielles et les technologies des rayonnements ; la planification énergétique et l’énergie nucléaire ; ainsi que le développement et la gestion des connaissances nucléaires. L’accord dépasse ainsi largement la seule question de la production d’électricité.

Dans le domaine de la santé, la Tunisie coopère déjà avec l’AIEA dans le cadre de l’initiative « Rays of Hope »

Dans le domaine de la santé, les technologies nucléaires pourront notamment contribuer au diagnostic et au traitement des cancers en Tunisie. Le pays coopère déjà avec l’AIEA dans le cadre de l’initiative « Rays of Hope », consacrée au renforcement de l’accès aux soins de radiothérapie. Tunis prévoit également des applications nucléaires dans l’agriculture, ainsi que dans l’alimentation et l’industrie, des domaines dans lesquels les technologies des rayonnements peuvent être utilisées à différentes étapes de production et de contrôle.

L’énergie reste au cœur du programme quinquennal avec l’AIEA

La gestion de l’eau constitue un autre axe stratégique du partenariat avec l’AIEA. Confrontée à une forte pression sur ses ressources en eaux, la Tunisie pourrait s’appuyer sur les techniques nucléaires, notamment isotopiques, pour mieux étudier ces ressources en eau, leur circulation et leur renouvellement. Ce volet prend une importance particulière dans un contexte où la sécurité hydrique figure parmi les priorités nationales de développement de Tunis.

Si ces secteurs font partie des priorités, l’énergie reste toutefois au cœur du nouveau CPF. Le programme inclut ainsi la planification énergétique et l’énergie nucléaire, alors que le gouvernement cherche à diversifier son mix énergétique et à renforcer sa sécurité d’approvisionnement.

Pas de centrale nucléaire prévue à ce stade

Des réflexions ont déjà porté sur l’intégration de l’énergie nucléaire dans le mix électrique tunisien, y compris l’intérêt potentiel des petits réacteurs modulaires (SMR). Pour mener à bien les projets dans le domaine énergétique, la coopération avec l’AIEA se focalisera sur le développement des compétences scientifiques et techniques nationales et l’évaluation de différentes options technologiques.

Mais le nouveau cadre ne constitue pas un engagement automatique à construire une centrale nucléaire. Il établit avant tout une feuille de route pour la coopération technique entre Tunis et l’agence onusienne. Les éventuelles décisions relatives à un programme électronucléaire relèvent d’études, d’évaluations et de procédures nationales spécifiques.

La Tunisie vise une utilisation pacifique du nucléaire

Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de prolifération nucléaire, la Tunisie précise qu’elle a toujours milité pour l’usage pacifique de l’énergie nucléaire. Elle rappelle d’ailleurs avoir été l’un des premiers pays africains à bénéficier des utilisations pacifiques de l’énergie et des technologies nucléaires depuis son indépendance, et qu’elle a adhéré à l’AIEA dès sa création. Le cadre adopté la semaine dernière vise donc à mobiliser l’expertise et les technologies nucléaires au service des besoins économiques, sociaux et environnementaux du pays, et a renforcé les exigences de sûreté, de sécurité et de non-prolifération.