La compagnie pétrolière nationale algérienne Sonatrach poursuit son expansion en Afrique. Après la Libye et le Niger, elle cible deux nouveaux marchés : le Sénégal et la Mauritanie. Cette nouvelle offensive vise à renforcer la présence de l’Algérie dans le secteur énergétique continental, en s’appuyant sur son expertise pétrolière et gazière. Si les discussions avec le Sénégal sont déjà engagées, les perspectives en Mauritanie restent toutefois à préciser.
La Sonatrach, compagnie pétrolière nationale algérienne, renforce sa présence en Afrique. En marge du salon NAPEC 2026 à Oran, le ministre d’État et ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab a annoncé que l’entreprise prépare son entrée sur deux nouveaux marchés africains à fort potentiel énergétique : le Sénégal et la Mauritanie. Cette offensive s’inscrit dans un contexte de développement accéléré des ressources pétrolières et gazières en Afrique de l’Ouest.
Un partenariat entre Sonatrach et Petrosen
Le Sénégal constitue actuellement le principal axe de cette expansion. En octobre 2026, le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, s’est rendu à Alger pour renforcer la coopération bilatérale et examiner les perspectives d’un partenariat entre la Sonatrach et la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen). Cette démarche prolonge une mission de prospection menée en 2025 par des représentants du groupe algérien, qui avaient rencontré plusieurs acteurs du secteur pétro-gazier sénégalais.
Sonatrach prévoit un volet formation
Les nouvelles discussions portent sur l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures, notamment l’exploration, le développement des gisements, la production, le raffinage et la pétrochimie. Les deux parties souhaitent également favoriser les investissements, le transfert de technologies et le partage d’expertise. Ce n’est pas tout. La formation constitue un autre volet important de cette coopération. En effet, l’Institut algérien du pétrole (IAP) et l’Académie de management de Sonatrach envisagent de renforcer les compétences sénégalaises dans les domaines du cadre juridique des hydrocarbures, de la gestion des données pétrolières, de la sécurité industrielle et de la protection de l’environnement.
L’expérience algérienne pourrait accompagner la montée en puissance de l’industrie pétro-gazière sénégalaise
Ce partenariat entre la Sonatrach et Petrosen intervient au moment où le Sénégal accélère le développement de ses ressources énergétiques, notamment avec le champ pétrolier de Sangomar et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie. L’expérience algérienne pourrait accompagner cette montée en puissance de l’industrie nationale. Pour consolider cette ambition, un accord intergouvernemental est envisagé à l’occasion de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power, prévue les 2 et 3 décembre 2026 à Dakar.
La Sonatrach déjà présente en Libye et au Niger
Comme indiqué plus haut, la Mauritanie représente le second marché ciblé par la Sonatrach. Mohamed Arkab a évoqué de « grands horizons » pour le groupe dans ce pays frontalier, également engagé dans le développement de ses ressources gazières. Toutefois, contrairement au Sénégal, aucun contrat précis ni calendrier d’implantation n’a encore été annoncé. Les perspectives mauritaniennes demeurent donc exploratoires.
Cette offensive de l’Algérie en Afrique de l’ouest s’appuie sur les expériences déjà acquises par la Sonatrach en Libye et au Niger. Au Niger, le groupe énergétique développe des activités d’exploration et de production, notamment sur les blocs de Kafra et de Bilma. Sa coopération avec la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep) porte également sur la recherche, la formation et la distribution du gaz butane. En Libye, la compagnie poursuit la relance de ses activités d’exploration dans le bassin de Ghadamès.
L’Algérie se veut un trait d’union potentiel entre l’Afrique et l’Europe
Avec ces partenariats, Alger veut renforcer son influence énergétique à l’échelle africaine. Le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, présente l’Algérie comme un trait d’union potentiel entre l’Afrique et l’Europe, grâce à ses ressources, ses infrastructures et son savoir-faire. Cette stratégie de conquête, soutenue par le président Abdelmadjid Tebboune, privilégie la coopération Sud-Sud et une approche « Afrique-Afrique ». Au-delà de cet objectif, les autorités algériennes souhaitent renforcer la coordination entre les pays producteurs africains afin d’améliorer l’exploitation des ressources, de consolider la sécurité énergétique du continent et de développer les technologies nécessaires à la transition énergétique.



