Si les stades du Mondial 2030 sont connus de longue date, l’enceinte devant accueillir la finale de la compétition n’est pas encore officiellement désignée. Mais l’Espagne pousse fort pour que l’évènement ait lieu à Bernabeu ou au Camp Nou. Des politiques aux médias, en passant par les clubs, tout le monde s’y met. De quoi agacer les Marocains, qui proposent le Grand Stade Hassan II de Casablanca de 115 000 places.
Comme pour le Mondial 2026, coorganisé par trois pays (Etats-Unis, Canada et Mexique), la Coupe du monde 2030, célébrant le centenaire de la compétition, se jouera en Espagne, au Portugal et au Maroc. Si les villes hôtes et les enceintes sont déjà connues, le stade de la finale reste, lui, à déterminer. Mais les médias espagnols comme AS prétendent que la FIFA a déjà choisi l’une des cuvettes bouillantes d’Espagne : le Bernabeu ou le Camp Nou.
Madrid dit travailler pour accueillir la finale du Mondial 2030
Preuve que rien n’est encore décidé, les autorités de Madrid continuent de pousser pour accueillir cette finale. Le mardi 28 avril, au Sénat, la ministre de l’Éducation, de la Formation professionnelle et des Sports, Milagros Tolón, a déclaré que « si cela ne tenait qu’au gouvernement », l’Espagne serait le choix parfait. « Nous allons travailler pour que (la finale) soit en Espagne », a-t-elle assuré.
Mme Tolón a ajouté que la Coupe du monde sera « une des grandes opportunités qui s’offrent au sport espagnol » et que des groupes de travail œuvrent déjà « sur des domaines clés tels que le cadre juridique, la sécurité, les sites, les infrastructures sportives, l’hébergement, les services pour les équipes, le sport, la mobilité, la technologie et les communications ». La ministre a enfin confié que son pays et la FIFA sont en contact « constant ».
L’Espagne attaque le Maroc sur sa « CAN de la honte »
Cette sortie de Milagros Tolón s’ajoute à plusieurs autres interventions des officiels espagnols ces derniers mois pour vanter une finale organisée à Madrid ou à Barcelone, plutôt qu’à Casablanca. On note notamment les déclarations du président de la fédération espagnole de football, Rafael Louzán et de l’entraîneur de la Roja, Luis de la Fuente, qui pensent qu’il n’y a pas meilleur lieu que les grandes villes d’Espagne.
La presse ibérique, elle, préfère attaquer frontalement le Maroc. Elle met particulièrement en avant ce qu’elle appelle la CAN de la honte. On rappelle que la dernière Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, a été marquée par une finale polémique, sur laquelle doit prochainement statuer le TAS (Tribunal Arbitral du Sport).
Le Maroc conseille à l’Espagne de se concentrer sur son problème de racisme
De leurs côtés, les Marocains disent en avoir assez du lobbying espagnol, alors que la FIFA doit décider en toute indépendance sur la base des atouts des trois pays hôtes. À ceux qui parlent du scandale de la finale de la CAN, ils répondent que leur pays a organisé la plus belle édition de tous les temps de cette compétition. Infrastructures, transports, hébergements, mobilisation, tout y était. Les Marocains conseillent d’ailleurs aux Espagnols de regarder la poutre dans leurs yeux, plutôt que la paille dans les leurs. La poutre, c’est le racisme récurrent dans les tribunes en Espagne.
Les co-organisateurs doivent collaborer pour réussir le Mondial 2030 au lieu de se battre pour accueillir la finale
Il y a notamment ce match amical entre l’Espagne et l’Égypte (0-0), disputé le 31 mars 2026 au RCDE Stadium près de Barcelone. Au cours de cette rencontre, des supporters espagnols ont entonné des chants islamophobes et xénophobes, comme « Qui ne saute pas est musulman ». La FIFA a ouvert une procédure disciplinaire contre la Fédération espagnole de football. Par ailleurs, les Marocains appellent à mettre fin aux comparaisons sans fin pour collaborer et se soutenir afin de faire de cette Coupe du monde la plus réussie de l’histoire.



