Trachome : l’OMS confirme l’élimination de l’infection oculaire en Algérie

Algérie Santé

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment confirmé l’élimination du trachome par l’Algérie en tant que problème de santé publique. Le pays devient ainsi le 10e en Afrique et le 29e dans le monde à franchir cette étape importante. Selon Alger, cette reconnaissance démontre l’efficacité de ses politiques de santé, fondées sur la prévention, l’accès équitable aux soins et l’amélioration des conditions de vie.

Une grande victoire pour l’Etat algérien. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé, le mercredi 21 avril, l’élimination du trachome par l’Algérie en tant que problème de santé publique. Saluée par plusieurs institutions internationales, cette annonce marque une étape sanitaire décisive pour le pays et le positionne parmi les États ayant réussi à éradiquer l’une des principales causes infectieuses de cécité dans le monde. L’Algérie devient le 10e pays en Afrique et le 29e dans le monde à franchir ce stade.

Des larmoiements, des trichiasis trachomateux, puis une cécité

Le trachome est une infection de l’œil causée par la bactérie chlamydia trachomatis, qui se transmet par contact (mains, vêtements ou mouches). Il se caractérise par un écoulement oculaire, une sensation de brûlure et une photophobie. En cas d’infections répétées sur plusieurs années, il peut s’aggraver avec le développement de follicules sur la conjonctive, de cicatrices palpébrales et de trichiasis trachomateux (cils frottant la cornée). Ce dernier symptôme entraîne une déficience visuelle et la cécité. La maladie affecte surtout les enfants des pays pauvres ou des zones rurales. Endémique dans 30 Etats dans le monde, elle est responsable de la cécité ou de la déficience visuelle de près de 1,9 million de personnes.

« Une victoire collective » pour Alger

Dans un message adressé au ministère de la santé algérien, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que « l’élimination d’une maladie comme le trachome est un grand succès pour la santé publique ». Il a tenu à féliciter « chaleureusement le gouvernement algérien pour ce succès historique », ainsi que les professionnels de santé pour leurs efforts et leur « dévouement au long cours ».

De son côté, le ministre de la santé algérien, le Pr Mohamed Seddik Ait Messaoudane, clame qu’« en rejoignant le groupe limité de pays validés par l’OMS, l’Algérie démontre l’efficacité de ses politiques de santé, fondées sur la prévention, l’accès équitable aux soins et l’amélioration des conditions de vie ». Il ajoute qu’« il s’agit d’une victoire collective rendue possible après plusieurs années de mobilisation nationale ».

Une longue lutte contre le trachome

En Algérie, la lutte contre le trachome remonte au début du XXe siècle avec l’installation de l’Institut Pasteur en 1909. Après l’indépendance du pays, l’Etat a mis en place en 1974 un système national de santé publique qui a fourni des services gratuits aux patients. Dans les décennies suivantes, l’Algérie s’est attelée à déployer la stratégie CHANCE lancée par l’OMS en 1993 pour éliminer le trachome. Cette approche globale a permis de diriger et de coordonner les efforts internationaux, via notamment des interventions chirurgicales et des campagnes de sensibilisation auprès du grand public, pour promouvoir le nettoyage du visage et l’hygiène personnelle.

Plus de 3 milliards USD d’économies en Algérie grâce à l’élimination du trachome

Outre le volet sanitaire, l’Algérie pourrait faire des économies et obtenir des gains de productivité grâce à l’élimination du trachome. En effet, le coût de la maladie en termes de perte de productivité due aux déficiences visuelles et à la cécité est estimé entre 2,9 et 5,3 milliards de dollars par an, et peut atteindre 8 milliards si l’on inclut les opérations dues au trichiasis.

Avec la fin de l’infection, Alger peut réallouer ces ressources vers d’autres priorités sanitaires et renforcer la crédibilité du pays dans les partenariats internationaux liés à la santé publique. Notons que parmi les pays africains ayant éliminé le trachome figurent le Ghana, le Maroc, le Bénin, le Burundi, l’Égypte, la Gambie, la Libye, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, la RDC, le Sénégal et le Togo.