L’Iran et les Etats-Unis proches d’une guerre totale ?

Moyen-Orient

Les Nations Unies ont averti mardi que le conflit entre les États-Unis et l’Iran est en train de dégénérer, et ont appelé à la fin des attaques contre les infrastructures civiles. Depuis plus d’une semaine, l’armée américaine et les Gardiens de la révolution ont repris leurs attaques respectives, menaçant désormais d’une guerre totale si l’autre partie allait trop loin dans sa riposte.

Les Nations Unies s’inquiètent de la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran. S’exprimant le mardi 21 juillet, Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, a jugé particulièrement préoccupant les attaques contre les infrastructures civiles en Iran, notamment une centrale nucléaire en construction et une usine de dessalement. « De telles attaques sont totalement inacceptables et doivent cesser immédiatement », a déclaré le diplomate français.

L’ONU appelle Iran et Etats-Unis à respecter le droit international humanitaire

Stéphane Dujarric a également condamné les attaques iraniennes sur les centrales électriques et les systèmes de dessalement, notamment au Koweït. Il estime que les infrastructures essentielles au service des civils, telles que les hôpitaux, les systèmes d’approvisionnement en eau, les réseaux électriques et autres installations de survie, doivent être protégées en toutes circonstances.

En outre, le haut-fonctionnaire a appelé les parties belligérantes à respecter le droit international humanitaire, notamment le principe de distinction entre cibles militaires et civiles, à assurer la proportionnalité de l’action militaire et à prendre toutes les précautions nécessaires pour minimiser les pertes civiles.

L’armée américaine vise désormais les infrastructures civiles

Les combats entre l’Iran et les États-Unis ont repris de plus belle il y a douze jours, ébranlant le fragile cessez-le-feu instauré en juin après trois mois de conflit ayant fait plus de 3 300 morts. Sur ordre de Donald Trump, l’armée américaine a étendu la portée de ses attaques. Elle ne se limite plus aux radars côtiers et aux installations de drones iraniens, mais cible désormais les routes, ponts, tunnels, voies ferrées, infrastructures portuaires et même une usine de dessalement. Washington espère ainsi détruire la logistique des forces armées iraniennes. Celles-ci ne se laissent pas faire et frappent également les bases militaires dans les pays de la région.

Les Houthis menacent d’imposer un embargo maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb en soutien à l’Iran

Appliquant la loi du talion, les Gardiens de la révolution ciblent aussi aux infrastructures des pays voisins comme le Koweït, en plus de viser les bases militaires et intérêts américains. Après une première attaque en mars, ils ont frappé ce lundi, avec des missiles, un data center d’Amazon à Bahreïn.

Par ailleurs, la République islamique a repris le blocus du détroit d’Ormuz, s’attaquant aux navires marchands avec des drones shahed ou des mines sous-marines. Au Yémen, leurs alliés Houthis ont également menacé d’imposer un embargo maritime aux navires saoudiens dans le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée de la mer Rouge.

Un risque de perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures

Une paralysie simultanée de deux voies navigables stratégiques du Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences régionales et mondiales désastreuses. Elle rendrait les trajets maritimes des transporteurs vers l’Asie beaucoup plus longs et perturberait l’approvisionnement en hydrocarbures et en intrants.

Si Donald Trump promet de frapper plus durement l’Iran en cas de poursuite de ses attaques, le Secrétaire général Antonio Guterres a réaffirmé qu’il n’existe pas de solution militaire au conflit actuel. Il a exhorté toutes les parties à intensifier leurs efforts diplomatiques pour parvenir au plus vite à une solution pacifique durable. Le principal négociateur, le Pakistan, continue d’appeler les parties à la retenue.