Depuis plusieurs semaines, la Libye fait face à une hausse de prix de plusieurs biens et produits, sous la pression des taux de change fluctuants. Pour endiguer ces facteurs économiques, les organismes de réglementation poursuivent leurs efforts au niveau des dépenses publiques et de la disponibilité des devises étrangères. Des économistes appellent à combler l’écart entre les taux de change officiels et ceux du marché parallèle par des politiques économiques et monétaires tenant compte de l’impact sur les citoyens.
Bien qu’affichant le coût de la vie le plus bas au monde dans le dernier classement de la Banque mondiale et de Statista, la Libye subit actuellement d’importantes variations de prix pour un certain nombre de produits, de biens et de services. Le coût du quintal de 100 kilogrammes pour les boulangeries est passé de 220 dinars (34,79 dollars américains au cours actuel de la monnaie libyenne) à 320 dinars (50,61 dollars), celui du sucre de 175 dinars (27,67 dollars) à 250 dinars (39,54 dollars). Une situation qui a un impact sur le prix du pain, qui est passé récemment de 0,33 dinar l’unité (0,05 dollars) à 0,50 dinar la pièce (0,07 dollars).
Une hausse des prix hors alimentation
Mais il n’y a pas que le pain qui pâtit de la situation. L’huile, la levure et les boissons y passent aussi. Hors alimentation, le contexte économique pèse sur l’habillement et les chaussures (une hausse de +11 %), le mobilier et l’équipement ménager (+9 %), les prix des soins de santé (+8,8 %), les transports (+7,9 %), le logement, l’eau, l’électricité et le carburant (+5,7 %), entre autres dépenses. Confrontés à de grosses difficultés, notamment en raison des problèmes d’approvisionnement en électricité et en carburant, certains commerces sont contraints de réduire leur production, à défaut de fermer tout bonnement.
Le taux d’inflation a fortement bondi en Libye
Pour soutenir les acteurs économiques nationaux, la Banque centrale de Libye avait déjà réduit de 14,7% la valeur du dinar début d’année, après une première dévaluation de 13,3% en 2025. Cette dépréciation ne suffit pas à elle seule à expliquer la hausse des prix, mais elle augmente la pression sur les matières premières, le matériel de production et les intrants. L’expert économique Suleiman Al-Maghrabi note que le taux d’inflation annuel en Libye a atteint 8,6 % au cours du premier trimestre de cette année, contre 2,6 % au quatrième trimestre 2025. Il pointe en particulier la nature de l’économie libyenne, qui dépend fortement des revenus pétroliers et gaziers comme principale source de devises étrangères.
La Libye a cruellement besoin de stabilité
Pour réduire la pression économique, Suleiman Al-Maghrabi appelle à combler l’écart entre les taux de change officiels et ceux du marché parallèle par des politiques économiques et monétaires qui tiennent compte de leur impact sur les citoyens et les commerces. Il invite aussi le gouvernement à diminuer les dépenses publiques, à renforcer la lutte contre la corruption, à diversifier les sources de devises étrangères par l’encouragement des investissements directs étrangers et à maintenir les subventions sur les carburants pour éviter l’inflation. Il a ajouté que l’attraction des investissements requiert un environnement propice à la stabilité politique et sécuritaire. Ce qui manque cruellement à la Libye depuis la chute de Mouammar Kadafi en 2011.


