Mohamed Ouhabi a publié jeudi la liste des joueurs marocains retenus pour la prochaine fenêtre internationale. Abde Ezzalzouli fait partie des convoqués. Mais l’ailier du Bétis Séville retournera dans son pays avec un caillou dans la chaussure. Il vient de subir de vives critiques pour avoir porté un t-shirt de soutien à la population de Ceuta, enclave espagnole revendiquée par Rabat. Quel accueil lui reverseront les Marocains ?
Lors d’un point de presse organisé jeudi, Mohamed Ouahbi a dévoilé les noms des 29 joueurs convoqués pour disputer les trois prochains matchs des Lions de l’Atlas. À savoir les deux matchs des éliminatoires de la CAN 2027, contre le Gabon (le 25 septembre) et le Lesotho (le 29 septembre), puis le match amical contre le Ghana à Tanger le 4 octobre. La liste comprend des joueurs retenus comprend notamment Achraf Hakimi (PSG), Ismail Saibari (Bayern), Brahim Diaz (Real Madrid), Ayyoub Bouaddi (Manchester City) et Abde Ezzalzouli (Bétis Séville).
Un t-shirt de soutien à la population de Ceuta
Ce dernier revient en sélection avec une polémique sous les crampons. L’attaquant du Bétis Séville fait face à de vives critiques au Maroc après avoir porté un tee-shirt en soutien aux habitants de Ceuta, le lundi 14 septembre, lors d’une rencontre de Liga contre Villareal (1-2). Fin juillet, ce petit territoire espagnol (28 km2) d’Afrique du nord revendiqué par Rabat a été confronté à l’arrivée massive et illégale de dizaines de milliers de migrants venus du Maroc. Plusieurs de ces migrants ont trouvé la mort en tentant de rejoindre l’enclave protégée par un grand mur surmonté de barbelés. Les survivants, eux, ont été rapatriés au royaume. Cet évènement a failli entraîner une crise diplomatique entre Rabat et Madrid.
Abde Ezzalzouli inondé de messages d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux
C’est dans ce contexte que Abde Ezzalzouli a porté le t-shirt polémique. Sur ce dernier, on pouvait lire en espagnol « Todos somos caballas ». Ce qui signifie « Nous sommes tous des Caballas ». Le terme « Caballas » désigne les habitants de Ceuta. En le voyant avec ce maillot, de nombreux Marocains ont reproché au joueur de 27 ans de prendre position contre son pays, le Maroc, et même d’être « un traître » à la patrie. Inondé de messages d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, l’attaquant aux 37 sélections (pour 2 buts) a dû supprimer toutes ses publications sur Instagram, avant de se justifier en story.
Mohamed Ouhabi prend la défense d’Abde Ezzalzouli
Sans faire de mea culpa, Abde Ezzalzouli a expliqué que ce « maillot à caractère social » était « destiné à soutenir une population et ses habitants, indépendamment de leur nationalité, qui traversent une situation difficile. ». Il a également rappelé son attachement profond au Maroc et sa volonté de continuer à représenter « ses racines avec fierté et abnégation ». Ce jeudi, Mohamed Ouhabi a pris sa défense. Le sélectionneur des Lions de l’Atlas a déclaré que « c’est purement de la maladresse » et que « personne ne va lui enlever son amour pour le Maroc. ». Le coach précise que ce t-shirt lui a été donné dans le vestiaire et qu’il n’a pas trop compris ce qui se passait. Il l’aurait donc mis par conformisme. « Pour moi, le dossier est clos », conclut M. Ouhabi.
Mbappé, Vinicius et Youssef Chippo ont plié le maillot pour cacher le message
Mais le chapitre est-il également clos pour les supporters marocains ? Certains pourraient lui en vouloir pour quelque temps et le siffler en début de rencontre à domicile. Au Maroc, on ne badine pas avec les questions territoriales, concernant le Sahara Occidental, Ceuta et Melilla, une autre enclave espagnole près du royaume. Youssef Chippo, ancienne star de la sélection marocaine, pense toutefois qu’il n’y a pas de quoi à en vouloir à Abde Ezzalzouli. Comme beaucoup, il considère que le joueur a été contraint de porter ce maillot avant le match de son équipe. Ce qui est en partie vrai… Kylian Mbappé, Vinicius Junior et Ibrahima Konaté du Real Madrid ont, quant à eux, choisi de porter à moitié le t-shirt. Ce qui leur a valu aussi des critiques en Espagne, notamment de la part du président de la Ligue de football espagnole Javier Tebas.



