Accord Iran – Etats-Unis : va-t-il tenir et pendant combien de temps ?

Moyen-Orient

Le Pakistan a annoncé dimanche la conclusion d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Si les protagonistes ont confirmé la nouvelle, des doutes persistent face à l’imprévisibilité de Donald Trump, à l’obstination de Benjamin Netanyahou et au soutien indéfectible de la République islamique au Hezbollah. Faut-il s’attendre à ce que tout parte en vrille d’un moment à l’autre ?

Dimanche 14 juin, le Pakistan a annoncé la signature électronique d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Les deux parties ont confirmé la nouvelle. Mais cet accord ne sera formellement conclu que le vendredi 19 juin à Genève, en Suisse. Il devrait mettre immédiatement un terme aux opérations militaires sur les différents fronts dans la région, y compris au Liban, et acter la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite 20% de la demande mondiale d’hydrocarbures. Ce canal étroit était bloqué de part et d’autre par les protagonistes depuis le déclenchement des attaques américaines et israéliennes le 28 février 2026.

L’Iran pose plusieurs conditions à la finalisation d’un accord

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, ajoute que le protocole d’accord avec les Etats-Unis ouvre la voie à des pourparlers d’ici 60 jours en vue d’un accord final. Selon le diplomate iranien, il s’agira de parler du nucléaire iranien et de la levée des sanctions visant la République islamique d’Iran, qu’il s’agisse de sanctions unilatérales primaires ou secondaires. Il y aura également au menu la reconstruction du pays et son développement économique, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi pour assurer la bonne exécution des engagements pris. Washington aurait accepté de dégeler de premiers avoirs iraniens. De son côté, Bruxelles étudie la question, alors qu’a lieu en ce moment le sommet du G7 à Evian, en France.

L’Iran sort renforcé de la guerre contre les Etats-Unis et Israël

Vu les points évoqués, on peut dire sans se tromper que l’Iran sort vainqueur de ce conflit, et cela d’autant que les objectifs fixés par les Etats-Unis et Israël n’ont pas été atteints. Son régime reste en place malgré l’assassinat de quelques dirigeants, les Gardiens de la Révolution se sont renforcés avec désormais l’un des leurs aux commandes (le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei). Mieux, une bonne partie du peuple a resserré les rangs derrière le pouvoir face aux bavures des coalisés (bombardements d’infrastructures civiles comme les écoles, centrales électriques et ponts). De plus, Donald Trump a réussi l’exploit de nourrir à Téhéran l’idée d’un péage dans le détroit d’Ormuz, un canal jusque-là libre d’accès. Finalement, on se demande ce qu’a gagné le président américain dans cette guerre.

La question du nucléaire iranien risque de coincer

Donald Trump obtiendra peut-être de l’Iran la dilution de son stock d’uranium enrichi à 60%. Mais rien ne garantit que la République islamique ne va pas relancer son enrichissement, dans le secret total de ses laboratoires souterrains dans les montagnes. Mais un refus de Téhéran de renoncer à son programme nucléaire militaire pourrait pousser Washington à reprendre la guerre. Cependant, on voit mal l’armée américaine reprendre les combats dans les prochains mois. L’étincelle pourrait plutôt venir du Liban. Dans ce pays, Israël ne veut pas stopper son opération militaire en cours. Il souhaite détruire le Hezbollah ou le rendre assez faible pour ne plus représenter une menace dans un futur proche.

Benjamin Netanyahou et son cabinet n’ont pas bien accueilli l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis

Ainsi, Benjamin Netanyahou n’a pas l’intention de retirer Tsahal du Liban. Et Donald Trump n’a pas les moyens de le contraindre à abandonner ses plans. Le premier ministre israélien et son cabinet ont d’ailleurs mal accueilli l’accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran. Ils y voient une traitrise de la part des Américains et une défaite vis-à-vis de la République islamique. Celle-ci a également averti qu’elle ne restera pas les bras croisés en cas de poursuite des offensives de l’armée israélienne au Liban. L’accord annoncé cette semaine restera donc fragile, la situation pouvant déraper à tout moment. Toutefois, on imagine mal Israël s’engager dans une guerre totale contre l’Iran sans le soutien des Etats-Unis. Ce serait très risqué pour lui.