Le mardi 2 juin 2026, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a publié chez Grasset un livre intitulé « La Légende », qui revient sur sa détention en Algérie et les critiques à son encontre. Il y raconte sa révolte contre l’arbitraire de son pays d’origine et comment il devient un symbole politique. Mais ce témoignage aux allures de pamphlet pourrait raviver les tensions franco-algériennes ainsi que l’inimitié d’Alger envers sa personne.
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a publié, le mardi 2 juin 2026, un nouveau livre intitulé « La Légende », qui revient sur sa détention en Algérie. Un épisode qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et suscité des tensions diplomatiques entre Alger et Paris. Publié chez Grasset, l’ouvrage de 240 pages a été tiré à plus de 150 000 exemplaires. Porté par une forte campagne médiatique, principalement de la part du Figaro magazine (qui a diffusé en exclusivité des extraits), il figurait parmi les meilleures ventes de la semaine à sa sortie.
La Légende critique sévèrement le « régime algérien honni »
La Légende est le récit du quotidien carcéral de Boualem Sansal après son arrestation à Alger le 16 novembre 2024 jusqu’à sa libération le 12 novembre 2025, suite à la grâce obtenue par l’Allemagne auprès du président algérien. Pour rappel, l’auteur a été arrêté pour apologie du terrorisme, espionnage et atteinte à la sûreté de l’État. Dès les premières pages du livre, il évoque cette arrestation comme un fait diplomatique et collectif qui le dépasse. Rongé par l’amertume, celui qui a été élu à l’Académie française le 29 janvier 2026 met en cause le « régime algérien honni » qui l’a placé derrière les barreaux pendant 361 jours, et l’a condamné à cinq ans de prison avant de le gracier.
Boualem Sansal souhaitait que Paris engage un « rapport de force » avec Alger pour obtenir sa libération
Boualem Sansal en veut aussi à la France pour sa « faiblesse » face au « banditisme » du pouvoir algérien. L’auteur octogénaire explique dans le livre pourquoi il aurait préféré que Paris engage un « rapport de force » avec Alger pour obtenir sa libération plutôt que de privilégier la négociation diplomatique. « Quitte à rester et à mourir en prison », assure-t-il. Avec courage (ou peut-être audace), l’écrivain n’hésite pas à critiquer ouvertement le président Abdelmadjid Tebboune, dont la pratique du pouvoir nuirait à tout le monde. « Mon arrestation n’a pas seulement atteint un homme : elle a blessé l’Algérie, la France, et au-delà l’idée même de liberté et de dignité humaine. », avance-t-il.
Boualem Sansal ne risque pas de retourner sitôt en Algérie à cause de La Légende
Au-delà du témoignage personnel, La Légende se veut donc une attaque incisive du pouvoir algérien, qui retient encore le journaliste Christophe Glezeis. On ne lit pas un simple récit carcéral, mais un pamphlet faisant guise d’acte politique. Dans ce contexte, Boualem Sansal n’a aucune chance de retourner de sitôt en Algérie, où son nouveau livre est interdit (il ne circule que sur WhatsApp). D’ailleurs, sans peut-être le vouloir, l’écrivain pourrait raviver les tensions entre ses deux pays, en froid depuis plusieurs années, au point de rappeler leur ambassadeur respectif en avril 2025.



