Mehdi Laribi, présenté comme l’un des membres fondateurs de la DZ Mafia, a été interpellé en Algérie le 20 juillet, mais son arrestation a seulement été rendue publique le mercredi 5 août. Ce coup de filet fait suite à un mandat d’arrêt international délivré par la justice française et auquel ont répondu les autorités françaises. Si cette collaboration réchauffe les relations entre Alger et Paris, elle ne garantit pas pour autant l’extradition du criminel en France.
Mehdi Laribi, présenté comme l’un des membres fondateurs de la DZ Mafia, a été interpellé en Algérie le 20 juillet et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé mercredi le ministre de justice Gérald Darmanin. « Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée a été interpellée en Algérie », a écrit le garde des Sceaux sur X, remerciant au passage les autorités algériennes « pour cette avancée et cette coopération en lien avec le parquet national anti criminalité organisée (PNACO) et le parquet de Marseille ».
Mehdi Laribi a rejoint l’Algérie pour fuir la justice française
Surnommé « TIC », un sobriquet hérité du film dramatique « Khamsa » de Karim Dridi (2008) dans lequel il a joué adolescent, Mehdi Laribi est connu comme l’un des cinq ou six membres fondateurs de la DZ Mafia, un groupe criminel créé en prison en 2022 et très actif à Marseille. Pour éviter d’être arrêté comme trois autres chefs de l’organisation, il avait quitté la France ( à une date inconnue) pour opérer depuis l’étranger.
Le jeune homme de 36 ans a choisi l’Algérie comme cachette parce que ce pays refuse l’extradition de ses ressortissants, surtout vers la France. Bénéficiant de la double nationalité (française et algérienne), il ne devrait donc pas retourner en Hexagone pour y être jugé.
Éric Ciotti trouve intolérable que Mehdi Laribi soit arrêté en Algérie sans être placé en détention
Éric Ciotti, maire de Nice s’est indigné du fait que le chef de gang a été placé sous un simple contrôle judiciaire. « Mehdi Laribi narco criminel, fondateur présumé de la DZ mafia et potentiel commanditaire d’assassinats, a été arrêté en Algérie sans être placé en détention. Le journaliste Christophe Gleizes, lui, est en détention ! », a-t-il protesté.
Le président de l’UDR pointe un « deux poids deux mesures insupportables de la part d’un État voyou qui a soumis le gouvernement Macron ». Cette déclaration ne devrait pas du tout plaire aux dirigeants algériens, qui pensent avoir déjà été trop généreux avec la France en libérant l’écrivain Boualem Sansal sur médiation de l’Allemagne.
La France et l’Algérie réchauffent leurs relations
Quoiqu’il en soit, cette arrestation est le signe du réchauffement des relations entre Paris et Alger, en froid depuis plusieurs années. Lors de sa visite à Alger en mai dernier, Gérald Darmanin avait relancé la coopération judiciaire en lançant un mandat d’arrêt international délivré par la justice française contre Mehdi Laribi.
Moins de deux mois plus tard, le pouvoir algérien lui répondait favorablement avec l’interpellation du sieur Laribi. Fort de cela, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que les relations entre la France et l’Algérie étaient « bonnes ». Reste maintenant à savoir si l’Algérie poussera la coopération plus loin en livrant le criminel comme un joli paquet par la poste.



