Gaz : fâchée avec la Russie, l’Allemagne se tourne vers l’Algérie

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À l’approche de l’hiver, l’Allemagne s’empresse de remplir ses stocks de gaz. Après avoir fermé le robinet qui la reliait à la Russie, elle se tourne désormais vers l’Algérie. En visite à Alger, le chef de la diplomatie allemande a dit miser sur le gaz algérien pour diversifier et sécuriser ses approvisionnements. Outre l’énergie, il a parlé de diplomatie et de sécurité dans le Sahel.

Le ministre des Affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, s’est rendu lundi à Alger, dans le cadre d’une visite de travail de deux axée sur l’approvisionnement en énergie. Impactée par la guerre en Ukraine et par la crise dans le détroit d’Ormuz, l’Allemagne cherche à sécuriser ses approvisionnements de gaz naturel à l’approche de l’hiver. Elle se tourne désormais vers l’Algérie pour remplir ses réserves. Celles-ci sont tombées à 53 %, bien en deçà de la moyenne européenne, qui est de 65 %.

Guerre en Ukraine et crise dans le détroit d’Ormuz

Au cours de son voyage à Alger, Johann Wadephul a rencontré le ministre des Hydrocarbures algérien Mohamed Arkab. Au cours de leurs échanges, il a indiqué que l’Allemagne est « en grande partie, voire presque totalement, détachée de toutes les livraisons d’énergie en provenance de Russie, du gaz en totalité » depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Il a ajouté que « la crise dans le détroit d’Ormuz a fait grimper les prix ». Or ces deux évènements ne devraient pas prendre fin « rapidement », a observé le ministre des Affaires étrangères allemand.

Berlin a besoin de contrats de livraison de gaz à long terme 

Johann Wadephul a dit espérer que son pays sécurise en Algérie une partie de son approvisionnement en gaz, et assure avoir reçu « des réponses très positives » de la part de l’Algérie, mais aussi de la Tunisie (qu’il a visitée lundi). Le diplomate a précisé que Berlin avait besoin de contrats de livraison de gaz à long terme ». Selon lui, « les deux pays [Algérie et Tunisie] ont un grand intérêt, aussi parce qu’ils recherchent naturellement, de leur côté, des partenaires économiques, des partenaires solides en Europe », rappelant au passage que l’Allemagne était la première économie européenne.

« L’Algérie est un fournisseur fiable pour l’Europe »

Cette visite de Johann Wadephul en Algérie intervient un mois et demi après celle du président Abdelmadjid Tebboune à Berlin. Au cours de ce séjour en Allemagne, le chef d’Etat algérien a mis sur la table le dossier du gaz. Il a déclaré à cette occasion que « l’Algérie est un fournisseur fiable pour l’Europe ». Au printemps dernier, une délégation allemande conduite par un haut responsable du ministère fédéral des Affaires étrangères avait également discuté à Alger d’un virage assumé vers les énergies propres et les technologies bas carbone. D’où l’intérêt porté à l’hydrogène vert algérien.

Pas que le gaz, mais aussi la sécurité et la diplomatie

Notons que l’Algérie livre déjà du gaz à l’Allemagne. La première livraison a eu lieu en 2024, suite à un contrat entre Sonatrach et VNG, un groupe énergétique allemand basé à Leipzig. En juillet dernier, les deux entreprises ont signé un nouvel accord pour renforcer la diversification des approvisionnements en gaz en Allemagne. Alger devrait débuter les livraisons à partir de 2027. Au cours de sa visite en Algérie, Johann Wadephul a aussi parlé diplomatie et sécurité. Il a exprimé le désir de Berlin de coopérer davantage avec Alger et Tunis pour ramener la stabilité au Sahel, un dossier sur lequel l’expertise algérienne est reconnue dans la région.